«Claude n’est pas mort»: un homme de lettres

Claude Dolbec
Photo: Canal D Claude Dolbec

« Claude, c’est le plus grand lettreur de Montréal. » On a le goût d’être d’accord avec cette déclaration de Linda, la narratrice par défaut de ce très beau portrait de l’artiste qui calligraphie bien des vitrines commerciales le long du boulevard Saint-Laurent, le très discret Claude Dolbec.

Le réalisateur Bruno Boulianne, qui a su faire parler des hommes qui préfèrent souvent se taire dans Des hommes de passage (tourné à la prison de Bordeaux) et Le chant de la brousse (des débroussailleurs d’origine africaine dans le nord du Québec), réussit encore ici, sans forcer la note. Dans Claude n’est pas mort, il parvient à révéler, du moins en partie, le quotidien et les tourments de Dolbec, un homme « magané » par son art, en voie de disparition, mais surtout par la vie, qui n’a pas toujours été tendre avec lui.

Entre deux « jobs » de lettrage pour des commerçants, des amis ou des connaissances de longue date, cet homme aux pinceaux magiques ose aborder la disparition violente de sa grande fille de 18 ans il y a une quinzaine d’années, retrouvée sans vie sur le bord de la voie ferrée… On comprend qu’il ne s’en est jamais complètement remis. Les paroles éclairantes de Linda, ex-amoureuse de l’artiste, qui semble renouer avec plaisir avec lui dans le cadre du tournage de ce documentaire, permettent de remplir les trous de l’histoire, de comprendre un peu mieux ce personnage énigmatique et surtout d’attirer notre attention sur ces oeuvres, parfois éphémères. La prochaine fois que vous remonterez la Main à pied, vous ne verrez plus les vitrines qui portent sa griffe de la même façon.

Docu-D : Claude n’est pas mort

Canal D, mercredi, 22 h