«Elián»: le radeau cubain

Le jeune Elián
Photo: Canal D Le jeune Elián

Vous vous souvenez des images de ce petit garçon de cinq ans, Elián González, qui défraya la chronique internationale en 2000 ? Sa mère espérait fuir Cuba. Voilà que, comme bien d’autres qui tentent cette aventure, elle se noie durant la traversée. Son petit est sauvé in extremis, puis se retrouve au milieu d’un conflit diplomatique entre les États-Unis et Cuba.

Qu’est-il devenu, ce petit garçon dont l’enfance avait abandonné les yeux à la suite de ce drame ? Une équipe l’a retrouvé afin qu’il serve en quelque sorte de témoin de l’évolution de la vie à Cuba. Le ton de ce documentaire est donné d’emblée : des scènes de Cubains qui tentent de quitter leur île sur des radeaux de fortune, des voiliers tout juste bons à dériver. Ces gens se voient vivre à Miami ou ailleurs aux États-Unis. Plusieurs y ont de la famille. Tous en tout cas y ont des rêves.

Le rêve de la mère d’Elián González était de refaire sa vie là-bas. Ce petit devint une illustration du conflit idéologique entre les États-Unis et Cuba. On en arriva, à la fin d’une véritable saga diplomatique, à cette image terrible : un agent fédéral, fusil d’assaut à la main, qui entre pour enlever le petit à sa famille d’adoption afin de le retourner sur son île. Un conflit politique cristallisé sur la figure d’un enfant.

Elián González est aujourd’hui âgé de 24 ans. On comprend certes qu’il n’est pas enchanté par le régime cubain. Mais ce qui frappe surtout est de voir ce poids lourd et souvent invisible que les États font peser sur la tête de chacun.

Docu-D : Elián

Canal D, jeudi, 22 h