«100 ans à table»: bien dans son assiette

Il aura fallu passer par la binerie et la cuisine française pour que le Québec gagne son indépendance culinaire.
Photo: Télé-Québec Il aura fallu passer par la binerie et la cuisine française pour que le Québec gagne son indépendance culinaire.

Nos chefs trônent au sommet des palmarès des librairies, dans les festivals comme au générique d’une multitude d’émissions. Trucs, confidences ou combats ; on nous les sert à toutes les sauces. Le réalisateur Guillaume Sylvestre et la critique gastronomique Lesley Chesterman réussissent pourtant à nous surprendre avec leur intéressant 100 ans à table, qui remonte l’histoire de la gastronomie québécoise.

Cela ne fait pas trois décennies que le Québec est devenu une des premières destinations culinaires en Amérique du Nord. Il lui aura fallu passer par la binerie et la cuisine française pour gagner son indépendance culinaire. Ce parcours presque modèle, Lesley Chesterman le raconte avec force détails en conviant à la même table une poignée de chefs qui ont ajouté une pierre marquante à cet édifice.

L’approche est bon enfant, mais jamais dénuée de sens ni de contenu, alors que les assiettes des uns et des autres défilent pour marquer les jalons de cette fabuleuse progression. De Marcel Kretz, l’ancien chef de La Sapinière, qui sera le premier à s’approvisionner ici dans les années 1960, à l’inventive Colombe St-Pierre, qui bouleverse les codes depuis son antre du Bic, la lignée se dévoile plus tissée serrée qu’elle n’y paraît.

On y entend les ultramédiatiques Normand Laprise et Daniel Vézina sortir de leur discours habituel. Et on va plus loin encore avec l’inclassable Charles-Antoine Crête du Montréal Plaza et Hugues Dufour, parti rocker New York avec sa cuisine inspirée. Bref, cette histoire racontée à travers ses assiettes est roborative à souhait ; on aurait tort de lever le nez dessus.

100 ans à table

Télé-Québec, jeudi, 20 h. En rediffusion : vendredi 13 h, dimanche 14 janvier 20 h, mercredi 17 janvier 22 h.