«La Corée de mon père» — Retour aux sources… d’aujourd’hui

«La Corée de mon père»
Photo: RDI «La Corée de mon père»

À quelques semaines des Jeux olympiques de Pyeongchang, la présentation de ce documentaire, à mi-chemin entre le portrait de la société sud-coréenne contemporaine et la quête personnelle d’une femme dans le pays de ses ancêtres, tombe plutôt à point.

La journaliste Nathalie Chung, née à Toronto d’un père coréen et d’une mère québécoise, élevée au Québec, se rend pour la première fois de sa vie en Corée du Sud, pour découvrir le coin de pays de son père, rendu trop fragile pour y aller lui-même. Elle va visiter sa famille qu’elle n’a jamais rencontrée, mais aussi et surtout mettre en lumière des aspects particuliers de la Corée du Sud moderne, un pays qui a énormément changé depuis la guerre qui l’a secoué au début des années 1950.

Le documentaire se découpe ainsi en petits reportages sur des tendances contemporaines : l’émergence de la chirurgie esthétique, à laquelle près de 20 % des Coréens auraient fait appel, l’obsession pour la performance scolaire dès le plus jeune âge, l’ampleur de l’itinérance chez les jeunes et l’abandon des personnes âgées par leurs proches, dont plusieurs se retrouvent sans ressources et à la rue.

L’histoire moins récente est également évoquée à travers un segment fort émouvant sur les « femmes de réconfort », ces jeunes filles et femmes victimes d’un système d’esclavage sexuel organisé sous l’occupation japonaise pour « satisfaire » les militaires mobilisés dans le pays, puis par un détour près de la frontière nord-coréenne. Celui-ci mène à la portion plus personnelle du documentaire, dans la ville d’origine du père de Nathalie Chung, Yanggu, où elle fait connaissance avec des cousins et cousines qu’elle n’avait jamais rencontrés.

La Corée de mon père

RDI, jeudi, 20 h