«Rite de passage» — Retour au camp de base

À la proue de «Rite de passage», l’écrivaine et comédienne Natasha Kanape Fontaine agit comme un relais bienveillant entre la ville et la réserve attikamek de Wemotaci.
Photo: Radio-Canada À la proue de «Rite de passage», l’écrivaine et comédienne Natasha Kanape Fontaine agit comme un relais bienveillant entre la ville et la réserve attikamek de Wemotaci.

Il y a beaucoup de beauté dans ce délicat Rite de passage, qui raconte l’immersion de deux non-autochtones en quête de repères, Vincent et Youmé, dans le mode de vie traditionnel des Premières Nations. Du temps volé aussi, et beaucoup de sensibilité, qui donnent à ce documentaire de la boîte de production autochtone Kassiwi Média une authenticité presque balsamique.

À la proue de ce fragile esquif, l’écrivaine et comédienne Natasha Kanape Fontaine agit comme un relais bienveillant entre la ville, si exaltée et presque anxiogène, et la réserve attikamek de Wemotaci, au nord de La Tuque, si calme sous ses atours d’un autre temps. Sous la supervision des guides Mary et Jacques, qui ont connu les mêmes tourments en d’autres époques, Vincent et Youmé vont consacrer toute une semaine à affronter les maux modernes qui les rongent : l’alcool et les drogues.

Attentive, la caméra les suit avec discrétion dans cette rencontre qui impose son temps, très lent, et ses codes, très lousses. Car on est ici à des lieues du carcan des clichés habituels. Pas de choc culturel, pas de clash des idées dans ce retour au camp de base ; on reste dans l’accueil, dans l’échange et dans le partage.

Touchant sans être gnangnan, Rite de passage ouvre des horizons peu fréquentés par nos documentaires plus naturellement tournés sur les maux des réserves que sur leurs forces. Il est de surcroît porté par des images magnifiques, sans autres artifices que les beautés naturelles de Wemotaci et de ses alentours, quand le feu de l’automne les embrase. Salutaire et lumineux.

Rite de passage

Radio-Canada, mardi, 21 h