«Wormwood» — Passer sa vie à élucider une mort

«Wormwood»
Photo: Netflix «Wormwood»

C’est un objet télévisuel bien singulier que cette série documentaire qui raconte la longue quête d’un fils pour savoir le fin mot derrière la mort suspecte de son père. Pour qui connaît son créateur, le documentariste américain Errol Morris, ce Wormwood reste dans la lignée de ses oeuvres les plus connues et saluées, The Thin Blue Line et Fog of War, des documentaires eux aussi chargés de reconstitutions dramatiques.

Ceux qui font ici connaissance avec la façon de faire de Morris seront sans doute agréablement surpris par la virtuosité de la réalisation des six épisodes de la série, où l’on suit le récit d’Eric Olson. Depuis son plus jeune âge, ce dernier tente de comprendre le décès tragique de son père, Frank Olson, un scientifique qui travaillait à la CIA, « tombé » ou « ayant sauté » de la fenêtre de sa chambre au 13e étage d’un hôtel de Manhattan en novembre 1953.

Après avoir été avisée qu’il s’agissait là d’un suicide, la famille du défunt a appris du gouvernement américain, 22 ans plus tard, qu’Olson aurait ingéré du LSD à son insu, dans le cadre d’expériences menées par la CIA. Le fils ne se contentera jamais de cette seule explication et tente depuis de trouver les preuves que son père aurait été assassiné…

Wormwood nous entraîne dans cette quête personnelle à travers bien sûr tout un lot d’extraits d’entrevue avec Eric Olson, montés de façon fort dynamique et éclatée, avec quantité d’archives télévisuelles et imprimées, auxquelles s’imbriquent de façon toute naturelle de nombreuses séquences de fiction où l’on recrée avec soin les derniers mois du défunt, formidablement interprété par Peter Sarsgaard, au coeur de la guerre froide, pris dans une spirale dont il n’a pas le contrôle et qui causera sa perte.

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Wormwood

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