«Jouer dur» – Le grand jeu

«Jouer dur» retrace le parcours de combattant de créateurs principalement montréalais.
Photo: Télé-Québec «Jouer dur» retrace le parcours de combattant de créateurs principalement montréalais.

Il y a beaucoup d’appelés, mais très peu d’élus dans l’univers du jeu vidéo, où 3 % des poids lourds accaparent 97 % des profits. « C’est une industrie sauvage. […] À toutes les étapes, il faut lutter pour notre survie [alors que] tous les paramètres sont réunis pour qu’on se plante », résume Stéphane Cardin, producteur de la franchise For Honor développée à grands frais par Ubisoft avec le succès mitigé que l’on sait.

Jouer dur retrace le parcours de combattant de ces créateurs principalement montréalais qui ont sacrifié quatre années de leur vie pour donner une existence pixelisée à la vision de Jason VandenBerghe, le directeur créatif de ce jeu opposant samouraïs, vikings et chevaliers. Quatre années durant, la caméra de Jean-Simon Chartier a suivi la (très longue) mise au monde de ce jeu dont l’ambition était de donner aux joueurs le contrôle de l’épée.

Secret, le milieu du jeu vidéo se révèle ainsi peu à peu, avec ses forces et ses faiblesses, grâce à l’assiduité de Chartier qui ne le lâche pas d’une semelle. Au fil du temps, il arrive ainsi à percer la carapace de ces équilibristes fantasques qui tirent les ficelles tout en sachant que l’échec les guette à tous les détours. Sur cinq jeux développés, un seul en moyenne sera mis en marché, rappellera Stéphane Cardin, philosophe.

Divisée en trois épisodes, cette série documentaire fouillée et soignée s’écoute comme un feuilleton à rebondissements. Elle jette surtout un regard réfléchi sur un fleuron montréalais que l’on connaît encore bien mal. Par ricochet, elle met aussi en lumière la force immense d’une communauté soudée, celle des joueurs, qui s’arroge ici le dernier mot.

Jouer dur

★★★

Télé-Québec, les jeudis 30 novembre, 7 et 14 décembre, 20 h