Radio-Canada a reçu 90 plaintes au sujet du reportage sur Gilbert Sicotte

Le reportage de Radio-Canada a créé une certaine controverse, plusieurs voix du public et des médias se questionnant sur l’intérêt de la diffusion et sur l’équilibre du topo.
Photo: David Afriat Le Devoir Le reportage de Radio-Canada a créé une certaine controverse, plusieurs voix du public et des médias se questionnant sur l’intérêt de la diffusion et sur l’équilibre du topo.

Le reportage de Radio-Canada sur les allégations de harcèlement psychologique de la part de Gilbert Sicotte dans le cadre de ses cours au Conservatoire d’art dramatique de Montréal a suscité quelque 90 plaintes à l’ombudsman du diffuseur public. Un nombre qui s’avère substantiel, a confirmé l’institution.

« Depuis que je suis en poste il y a un an et demi, c’est le plus grand nombre de plaintes reçues pour un seul reportage », a affirmé au Devoir l’ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, se refusant à davantage de commentaires sur la question.

Dans son rapport 2016-2017, l’ombudsman rapporte que le sujet qui a suscité le plus de plaintes, soit un total de 110, est en fait une capsule Web de la zone jeunesse de Radio-Canada.ca, intitulée L’islam expliqué aux enfants.

Le reportage de Louis-Philippe Ouimet sur Gilbert Sicotte, diffusé le 15 novembre, faisait témoigner d’anciens étudiants de M. Sicotte, qui a été professeur au Conservatoire pendant près de 30 ans. Le vétéran comédien aurait lancé des cris et des insultes à des étudiants. Une vingtaine d’entre eux ont témoigné.

Gilbert Sicotte, qui a été suspendu par le Conservatoire, se défendait en fin de reportage devant le journaliste de Radio-Canada.

Le reportage a créé une certaine controverse, plusieurs voix du public et des médias se questionnant sur l’intérêt de la diffusion et sur l’équilibre du topo.

Le directeur général de l’information de Radio-Canada a publié le 16 novembre un « Mot de l’info » justifiant la décision de mettre en ondes le reportage.

« La question centrale était de déterminer s’il était d’intérêt public de diffuser ces informations. Nous le croyons, écrivait M. Cormier. L’intérêt public est d’autant plus pertinent que le Conservatoire est une institution publique subventionnée par le gouvernement. »

Le bureau de l’ombudsman est la porte d’entrée des doléances du public. Il les réachemine en premier lieu au département concerné par la plainte. Dans le cas du reportage sur Gilbert Sicotte, c’est la direction de l’information qui devra répondre aux plaignants dans les 20 jours ouvrables.

Si la réponse ne satisfait pas un auditeur mécontent, il pourra alors se tourner vers l’ombudsman.

5 commentaires
  • Chantale Desjardins - Abonnée 22 novembre 2017 08 h 10

    Son travail pendant 35 ans...

    Pendant 35 ans, cet homme de théâtre a accompli un travail très méritoire mais on n'en parle pas. Il suffit que des élèves émettent des commentaires pour détruire le travail de cet homme. On a fait de même avec Claude Jutras à la suite d'un témoignage pour oublier son oeuvre cinématographique d'une grande valeur. Coderre est passé aux actes et détruit son monument. Le gala a changé de nom et les commentaires furent honteux. Il fallait faire vite... Gilbert Sicotte mérite des louanges pour une grande carrière. Cela ne veut pas dire que certaines de ses paroles auraient pu être plus modérées. Certains humoristes aussi utilisent des paroles qui pourraient recevoir le même sort et repenser leur style. Merci Gilbert Sicotte pour votre carrière qui nous a fait passer des moments inoubliables.

    • Solange Bolduc - Inscrite 22 novembre 2017 17 h 51

      Un n'empêche pas l'autre: on apeut apprécier la carrière de M. Sicotte, sans accepter ses agressions verbales! Moi, personnellement je n'aurais jamais accepté à mon sujet un tel comportement de sa part, je l'aurais envoyé promener!

      Comme Jutras, on peut apprécié son oeuvre, mais la pédophilie, ou la manipulation des jeunes, non merci. On ne peut mettre tout dans le même panier au nom de l'art ou de l'artiste: faut savoir analyser chaque chose séparément, ce qui démontre qu'on peut être un grand artiste, mais à côté de ça, être immoral !

  • Michel Lebel - Abonné 22 novembre 2017 12 h 54

    N'aurait pas dû être diffusé.


    Un reportage qui n'aurait pas dû être diffusé à Radio-Canada. D'aucun intérêt public.

    M.L.

    • Solange Bolduc - Inscrite 22 novembre 2017 19 h 56

      L'information-censure, c'est bien ce qui vous convient, M. Lebel ?

      Qui l'uaurait cru de votre part, surtout?

      Réjouissons-nous du silence du peuple, pour que cela profite «aux grands» médiocres!

  • Jeannine I. Delorme - Abonnée 22 novembre 2017 22 h 38

    GIllbert Sicotte

    Comme je l'ai déjà écrit il y a quelques jours, on n'enseigne pas le piano en donnant des coups de baguette sur les doigts. Mais je dois ajouter que le temps choisi pour crier à l'abus, ce mot qui est sur toutes les lèvres, qu'il soit sexuel ou autre, n'est pas le meilleur à accoler à un individu très connu. C'est une insulte pour Monsieur Sicotte. Il a beau avoir mauvais caractère ou être convaincu de sa méthode, il ne mérite pas ce traitement. On a les accusations faciles ces temps-ci. Lorsqu'elles sont à caractère sexuel c'est une bonne chose, mais il ne faudrait pas abuser du procédé.