La télé canadienne d’avant, gratuite aujourd'hui sur YouTube

La plateforme rassemble pour l’heure environ 300 vidéos, dont des épisodes de la populaire série jeunesse «Watatatow».
Photo: Source Radio-Canada La plateforme rassemble pour l’heure environ 300 vidéos, dont des épisodes de la populaire série jeunesse «Watatatow».

La petite vie, Due South, Watatatow, Stardom, Degrassi Junior High… Une centaine de séries télé et de films issus du patrimoine populaire canadien francophone et anglophone sont désormais rassemblés sur Encore+, une nouvelle chaîne de la plateforme de diffusion en ligne YouTube. Le projet, porté par le Fonds des médias du Canada, s’engage à rétribuer les créateurs de ses oeuvres, ici disponibles gratuitement.

La chaîne, lancée officiellement mardi rassemble pour l’heure environ 300 vidéos, mais verra son contenu s’enrichir au fil des semaines. Pour la grande majorité, ce sont des oeuvres « disparu[e]s de la plupart des écrans », souligne le Fonds des médias.

Dans la sélection d’Encore+, on peut retrouver quelques épisodes de plusieurs séries chères aux Québécois, dont Dans une galaxie près de chez vous, La petite vie, Watatatow, Moi et l’autre, Cornemuse, Ramdam, mais aussi des oeuvres anglo-canadiennes, comme Little Mosque on the Prairie, Due South et Degrassi Junior High. La chaîne YouTube, qui a aussi comme partenaire Bell Média et Téléfilm Canada, permettra également de visionner quelques longs métrages comme Stardom, 15 février 1839 et Maman Last Call.

« Pour nous, c’est tout à fait cohérent avec notre mission et notre mandat, a expliqué au Devoir Stéphane Cardin, vice-président des affaires publiques et des relations avec l’industrie au Fonds des médias du Canada. C’est de vouloir non seulement faire la promotion de ce qu’on a financé cette année, mais aussi de ce qu’on a pu financer au cours des dernières années. »

Encore+, qui mise donc sur des émissions « dont l’exploitation commerciale était terminée », est selon Stéphane Cardin un outil de « découvrabilité » et permet de « redonner ces oeuvres-là au public ». La chaîne YouTube peut aussi permettre de tester le potentiel commercial de ces créations.

Le Fonds des médias a entre autres choisi de miser sur la plateforme de diffusion privée de YouTube, car elle est basée sur la publicité et permet une redistribution des revenus. Les séries et les films d’Encore+, dont les droits ont été libérés, verront donc leurs créateurs recevoir une part du gâteau, en fonction des ententes négociées entre les différentes associations.

« Le Fonds des médias ramasse une partie pour pouvoir continuer à numériser d’autres oeuvres, mais c’est un montant minime, on parle de 5 %, précise M. Cardin. Le reste va aux créateurs, après la part que prend Google bien entendu. »

Une copie numérisée en haute définition de chaque production d’Encore+ sera remise aux ayants droit. Va-t-on par la suite pouvoir y faire de l’écoute en rafale ? Plus probablement du côté des émissions en anglais, car les ententes syndicales le permettraient. Du côté francophone, Encore+ ne peut diffuser qu’un maximum de trois épisodes par série.