«Top of the Lake: China Girl» – Jane Campion en eaux troubles

Photo: CBC

Chez Jane Campion, les femmes sont souvent abusées, blessées ; elles sont aussi fortes, indomptées. L’agente Robin Griffin, figure de proue de sa minisérie policière Top of the Lake, incarne cette formidable dualité avec laquelle on voudrait pouvoir renouer avec délectation pour sa suite, China Girl. Hélas, le manichéisme prend des travers si forts cette fois qu’ils finissent par plomber son récit.

La série de six épisodes commence pourtant sur les chapeaux de roues, pleine d’idées et de sens avec en son centre des questionnements délicats sur la maternité. L’agente Griffin (Elizabeth Moss) est de retour en Australie, déboussolée. La voici qui part à la recherche de sa fille biologique Mary (Alice Englert), une adolescente tourmentée que ses parents adoptifs, Julia (Nicole Kidman) et Pyke (Ewen Leslie) ont peur de perdre aux mains d’un manipulateur qui fraie avec des prostituées.

Ce faisant, l’agente Griffin renoue avec le bruissement de la ville. Face à la sauvagerie des espaces tourmentés de Laketop, Sydney paraît beaucoup plus policée, presque pâle. S’en dégage pourtant une même violence, plus rentrée peut-être, une dureté qui se cristallise alors qu’une valise dans laquelle repose une jeune femme morte remonte à la surface de la mer.

La caméra maniaque et ciselée de Campion agit comme un révélateur équivoque de la toxicité ambiante. Le problème est ailleurs, dans le chassé-croisé improbable de ce récit choral cousu de fil blanc. Dans sa hargne aussi des personnages embourbés dans leur propre lourdeur, que ne rachète qu’en partie la légèreté salutaire de quelques autres, dont la nouvelle partenaire de Griffin, la policière Miranda Hilmarson (Gwendoline Christie).

Top of the Lake: China Girl

CBC, mercredi, 21 h