Langue et identité

Photo: ICI RDI

Ils sortent de l’école secondaire ou du cégep, ils sont nés ici, ils parlent français, mais plusieurs peinent à se dire Québécois. Quarante ans après l’adoption de la loi 101, ces jeunes s’identifient-ils à la culture québécoise ?

C’est la question centrale posée par ce documentaire de Stéphane Leclair et Judith Plamondon. Ils sont partis à la rencontre de jeunes Québécois provenant de diverses « communautés culturelles », comme on dit, qui font état de certaines contradictions au coeur de l’identité québécoise. « Je suis né ici, mais on me demande toujours d’où je viens, et quand je me dis Québécois, on me regarde de travers », explique l’un deux. Pour sa part, l’auteur Akos Verboczy, d’origine hongroise et totalement intégré à la culture québécoise, n’en revient pas : « Ce n’est pas normal que des jeunes sortent de leur cinquième secondaire sans connaître la culture québécoise. L’école n’est pas assez exigeante envers eux. » Responsabilité de l’école, donc, mais responsabilité collective aussi. Cathy Wong, qui est chroniqueuse au Devoir, parle de la tension entre son identité québécoise et son identité chinoise. Parfaitement intégrée au Québec, elle ajoute : « Malheureusement, j’entends encore le discours du “nous” par opposition au “vous”. La loi 101 a fait de nous un “nous”. Mais on me parle comme une étrangère, comme un “vous”. »

À travers plusieurs entrevues, une question demeure lancinante : la loi 101 a imposé le français, mais a-t-elle oublié le sentiment d’appartenance ? Pour l’ancienne ministre Louise Beaudoin, notre identité est multiple : la société « idéale, c’est le métissage », dit-elle. « En français », ajoute-t-elle.

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ICI RDI, jeudi, 20 h