Mères oxydables

Photo: Canal D

La mère parfaite existe. Elle affiche sa perfection inoxydable sur le papier glacé des magazines, sur Instagram ou Facebook. Mais pendant qu’elle immortalise sa vie rêvée, le chaos ordinaire rit à gorge déployée derrière. Parce qu’être mère, c’est aussi se mesurer à plus grand que soi tous les jours, une réalité passablement moins romantique que Sophie Lambert dissèque sans fard dans Pas facile d’être mère.

Elles sont une dizaine à lui ouvrir leur coeur dans ce documentaire qui, sous les délicatesses d’une approche misant davantage sur les confidences que sur les faits, finit par tracer un portrait on ne peut plus juste de la maternité au XXIe siècle. Cela en prenant les tabous les plus tenaces par les cornes. Non, l’amour ne vient pas toujours d’emblée. Non, l’inquiétude une fois installée ne part pas forcément. Non, « la game », toutes ne sont pas « capables de la jouer » tous les jours.

Certes, le propos aurait pu être étoffé et la structure plus soignée, mais en additionnant ces voix — qui vont de Fanny Britt à Véronique Grenier en passant par Valérie Blais ou Bianca Gervais — la réalisatrice sort de l’anecdote pour embrasser l’universel. Et il y a surtout une vraie fraîcheur à plonger dans son sillage qui rappelle combien il peut être nourrissant de se voir vivre les uns les autres.

Pas facile d’être mère

Canal Vie, mercredi 28 décembre, 20 h