Boucar, professeur d’éducation à la sexualité

Boucar Diouf décortique avec finesse et originalité toutes les étapes de la reproduction humaine... du premier regard à la fécondation de l’ovule.
Photo: Ici Explora Boucar Diouf décortique avec finesse et originalité toutes les étapes de la reproduction humaine... du premier regard à la fécondation de l’ovule.

Alors que le programme d’éducation à la sexualité en bonne et due forme est toujours à l’étape de projet-pilote dans une quinzaine d’écoles du Québec, Les boucardises offre un aperçu fort intéressant de ce que pourrait être un cours du même acabit pour les grands ados, les jeunes adultes et même les moins jeunes adultes. Surtout avec un professeur aussi accrocheur et divertissant que Boucar Diouf... C’est du moins le constat auquel nous sommes arrivée après avoir regardé les deux premiers épisodes, qui seront diffusés d’ici la fin de l’année 2016.

Dans cette courte série documentaire en quatre épisodes, largement inspirée de son plus récent spectacle Pour une raison X ou Y, le conteur d’origine sénégalaise, qui cite encore abondamment ses aïeuls, décortique avec finesse et originalité la reproduction humaine, du premier regard des futurs parents à la rencontre décisive entre l’ovule et le spermatozoïde.

Chaque émission prend la forme d’un cours donné à une dizaine de cégépiens du collège Lionel-Groulx, en banlieue nord de Montréal, par un « professeur » Diouf dynamique et motivé qui a déjà connu les affres de l’enseignement à de jeunes adultes blasés. La magie de la télévision (et très certainement le sujet abordé…) fait de ce petit groupe une troupe allumée et dégourdie, qui alimente les pistes de discussions ouvertes par leur maître.

Photo: ICI EXPLORA Chaque émission prend la forme d’un cours donné à une dizaine de cégépiens du collège Lionel-Groulx

Ces séquences scolaires sont entrecoupées d’extraits du spectacle, d’entrevues avec des spécialistes en chimie, en biologie, en sexologie, et même en santé animale, qui viennent étoffer les propos de Diouf, d’une « reconstitution dramatique » de la naissance et de l’existence d’un couple, qui sert à illustrer les différentes étapes qui mènent à la fécondation, et de témoignages de véritables couples sur leur propre expérience à travers ces mêmes étapes.

Ces derniers segments sont les moins intéressants du lot. Ils n’apportent à peu près rien à l’ensemble, sinon une petite touche « d’expériences vécues » dont on aurait très bien pu se passer pour laisser plus de place aux extraits du spectacle, toujours éclairants en plus d’être hilarants, mais beaucoup trop courts. Comme ledit spectacle est toujours présenté en salle, ceci explique sans doute cela...

C’est scientifique, pas juste romantique

Ainsi, la « session » débute ce vendredi avec « La passionnante histoire de la séduction », parce que derrière la plupart des naissances humaines désirées, il y a d’abord et avant tout une histoire d’amour, ou à tout le moins de séduction...

La parade amoureuse est vite réduite à une collection d’hormones qui viennent perturber nos petits corps et expliquent le fameux coup de foudre. Comme on peut s’y attendre, de nombreux parallèles sont faits entre les comportements amoureux humains et ceux de nos cousins des autres espèces animales, autant dans la façon de choisir « l’élu » de son coeur et de son lit que dans la manière de faire comprendre à l’autre sa « disponibilité ».

Tous les éléments analysés arrivent finalement à nous convaincre que l’art de la séduction n’est pas simplement un art, justement, que la science peut expliquer bien des choses en cette matière si mystérieuse. Le romantisme en prend un coup, surtout lorsqu’on nous apprend la durée de l’effet des hormones produites par les émois amoureux : l’éternité devient passablement courte… Le baiser, cette autre étape importante de la relation qui mène un jour (ou très peu de temps après) à une fécondation, goûte également à la médecine de l’analyse scientifique, avec son lot de bactéries plus ou moins ragoûtantes...

L’épisode présenté le dernier vendredi de l’année, intitulé « La face cachée de la libido », aborde de front, mais pas trop, un thème dont l’on préfère souvent éviter de discuter même si notre société en fait une réelle obsession : l’orgasme, et les façons de l’atteindre, seul ou en couple. Le maître réussit autant à mettre mal à l’aise ses élèves qu’à les dérider de façon intelligente, entre autres en s’intéressant à l’histoire de la science du plaisir sexuel, dans toutes ses absurdités (pas si lointaines), ses contradictions et ses lumières contemporaines, qui viennent jeter quelques ombres sur nos croyances bien ancrées. Les parallèles entre l’orgasme humain et celui d’autres espèces animales s’avèrent également fort intéressants.

Les épisodes diffusés en début d’année sont consacrés respectivement aux « acteurs » essentiels du processus de fécondation : le spermatozoïde et son éventuelle hôte, l’ovule. On ne doute pas que ces chapitres seront tout aussi divertissants et instructifs que les précédents. Et sauront même confondre les « élèves » qui croyaient tout savoir en ces matières...

Les boucardises

Explora, les vendredis à 22 h, rediffusions les dimanches à 23 h et les lundis à 21 h

À voir en vidéo