Les filles puzzle

Photo: Télé-Québec

« Comment puis-je être humaine alors que ma propre espèce ne m’accepte pas ? » Le cri ouvre crûment Moi, adolescente et autiste, poignant documentaire anglais tourné dans le pensionnat pour filles autistes de Limpsfield Grange. « Enseigner ici, c’est plonger dans une guerre psychologique » où « chaque fille est un casse-tête ».

On dénombrait jusqu’à tout récemment quinze garçons souffrant d’autisme pour une fille. Le trouble serait sous-diagnostiqué chez les filles, qui parviendraient mieux à cacher leurs symptômes. C’est le cas de Beth, 14 ans, Asperger, qui souffre aussi d’un trouble de l’évitement pathologique des demandes.

Hospitalisée après une tentative de suicide, Beth est arrivée à Limpsfield Grange comme un contenu toujours plein que tout peut faire déborder. « Je ne vais pas bien du tout, je me mutile trois fois par jour. » Pourtant, elle refuse d’être étiquetée comme les autres. « J’ai appris à me comporter comme une ado normale. Les filles ici agissent de façon anormale. »

C’est le cas de Katie, 15 ans, qui souffre d’autisme et de déficit de l’attention. « Je peux être grossière, excessive, folle », lance la jeune fille à la caméra qui la suit avec délicatesse malgré la proximité confondante. Elle nous montre des photos de son copain (des centaines) classées méthodiquement sur son iPad. « Il m’obsède. »

Pendant six mois, on les suivra, elles et une poignée d’autres, dans cette école où on apprend aux filles à mieux percer le monde pour espérer y entrer. « On ne guérit jamais de l’autisme. On leur donne des stratégies pour vivre avec. » Ce documentaire fait exactement de même avec le public, qui y trouve un sésame pour s’inviter dans le leur. Sans juger.

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Moi, adolescente et autiste

Lundi 17 octobre, Télé-Québec, 20 h