De «30 vies» à «District 31»

Patrick (Vincent-Guillaume Otis) et Nadine (Magalie Lépine-Blondeau)
Photo: ICI Radio-Canada Patrick (Vincent-Guillaume Otis) et Nadine (Magalie Lépine-Blondeau)

Après 20 ans et des dizaines de milliers de pages de scénarios pour Virginie et 30 vies, la machine à écrire humaine Fabienne Larouche a texté à l’auteur Luc Dionne : « Mes doigts meurtris te tendent le clavier. » L’héritier adoubé a relevé le défi en changeant d’univers pour passer de l’école au poste de police. Sa création baptisée District 31 est tout de même produite par Aetios, compagnie de Mme Larouche et de son compagnon Michel Trudeau. Tout se tient.

Le résultat arrive en onde le 12 septembre et s’étendra sur 120 épisodes cette année, à raison de quatre demi-heures par semaine. Le nouveau créateur d’histoires à profusion lançait à la blague jeudi, après le visionnement de presse, qu’il pourrait en pondre jusqu’en 2032.

Et pourquoi pas ? Il y a de quoi faire. Les séries policières ont bien assez prouvé leur pouvoir d’inspiration infinie de fictions en tout genre. Il faut d’ailleurs saluer la décision de Radio-Canada de consacrer sa quotidienne à ce genre éprouvé mais étrangement négligé au Québec, sauf exception à 19-2.

Encore faut-il livrer le matériel à la hauteur souhaitable. Là encore, pari tenu. L’écriture alerte, la caméra nerveuse et le jeu maîtrisé se combinent pour créer une production alléchante qui fait presque oublier son rythme de production infernal avec budgets serrés.

District 31 raconte la vie professionnelle et personnelle des employés d’un nouveau poste de quartier de Montréal en se concentrant sur deux enquêteurs, Nadine Legrand (Magalie Lépine-Blondeau) et Patrick Bissonnette (Vincent-Guillaume Otis). Ils sont entourés d’une flopée de personnages interprétés par Patrick Labbé (le vilain sergent-détective), Gildor Roy (le bon commandant), Hélène Bourgeois Leclerc (spécialiste des crimes sexuels) ou Pascale Montpetit (une procureure).

Il faut évidemment de bonnes histoires bien ficelées pour retenir et nourrir l’attention. La première vague narrative se concentre autour de la disparition d’un enfant de huit ans qui pourrait avoir été enlevé aux abords d’un parc municipal. L’enquête, avec ses avancées et ses culs-de-sac, sera déployée pendant plusieurs semaines alors que d’autres problèmes occuperont les limiers.

À chaque série policière son créneau, de l’énigme à la procédure jusqu’aux ramifications scientifiques. District 31 se concentre de manière très classique sur la mécanique d’enquête tout en se permettant d’exposer les zones grises où se jouent les réussites et les échecs. Dès le troisième épisode, on voit comment l’équipe réussit à espionner l’activité d’un suspect sur le Web sans mandat.

Tout cela dit, une fois les mérites de cette production soulignés, il faut aussi déplorer son défaut majeur concentré dans une distribution plus blanche que blanche. Cette décision, alors que de plus en plus de groupes dénoncent le manque de diversité sur les écrans québécois, détonne encore plus dans le cas d’une production campée dans Montréal la bigarrée. D’ailleurs, 30 vies nous avait habitués à beaucoup plus de justesse représentative avec ses classes multiculturelles. Dommage que cette bonne habitude ne soit pas passée d’un genre et d’un clavier à l’autre.

2 commentaires
  • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 2 septembre 2016 06 h 43

    N'est-ce pas la liberté des créateurs et producteurs de choisir leurs exécutants?
    Y a-t-til un Luc Dionne ou une Mme Larouche dans les minorités?

  • Madeleine Chandonnet - Abonnée 2 septembre 2016 11 h 26

    Realite ou fiction

    Stephane Baillargeon peut justement critiquer la distribution d'acfeurs blancs dans District 31. Mais il faut il faut constater que nos poztes de polices ne comptent pas beaucoup de minorites visibles malheureusemnt.