La petite reine de 1976

Photo: ICI RDI

Montréal, 1976. Alors que Bruce Jenner fracasse une troisième fois le record du monde au décathlon, une brindille de 14 ans au visage grave devient la première gymnaste à récolter une note parfaite aux barres asymétriques. Les jours suivants, la petite Roumaine allait répéter six fois l’exploit, ce qui lui permit d’obtenir cinq podiums sur une possibilité de six, totalisant trois médailles d’or (concours général, barres asymétriques et poutre), une médaille d’argent (classement par équipes) et une médaille de bronze (sol). Reine incontestable des Jeux olympiques de 1976, Nadia Comaneci demeure jusqu’à ce jour la plus célèbre gymnaste de l’histoire, loin devant les Olga Korbut, Marylou Retton et Gabby Douglas.

Tel que l’illustre sans fard le documentaire de l’Américaine Pola Rapaport réalisé pour la chaîne Arte, cette athlète de haut niveau connut plusieurs années difficiles avant d’enfin connaître le bonheur en Amérique. Livrant ses confidences hors champ sur un ton plus libérateur qu’amer, Nadia Comaneci relate les dures heures d’entraînement sous le joug de Bela Karolyi, qui y raconte sa version des faits, les cruelles privations sous le régime totalitaire de Nicolae Ceausescu et, surtout, comment elle fut manipulée sans vergogne par ce dernier, sa femme et leur fils. Ponctué d’extraits d’archives qui feront vibrer les nostalgiques des JO de Montréal, Nadia Comaneci : la gymnaste et le dictateur démontre de façon troublante que, derrière la grâce enfantine, les rubans rouges et les sourires timides, la petite fée connaissait mieux que quiconque l’envers de la médaille.

 

Nadia Comaneci : la gymnaste et le dictateur

ICI RDI, jeudi, 20 h