RC sous-traite un magazine d’affaires publiques

L’animatrice Karina Marceau du nouveau magazine «Remue-ménage» consacré à des sujets de famille.
Photo: Source Radio-Canada L’animatrice Karina Marceau du nouveau magazine «Remue-ménage» consacré à des sujets de famille.

Radio-Canada fait craquer le moule de sa production d’émissions d’affaires publiques avec le nouveau magazine Remue-ménage qui sera diffusé cet été. Pour la première fois, le service de l’information publique ne produira pas entièrement à l’interne une émission dans son créneau. Pour y arriver, la nouvelle coproduction s’associe avec la chaîne généraliste (ICI RC Télé) et la maison de production Pixcom.

La nouvelle émission sera présentée à la presse mardi matin. L’animatrice Karina Marceau présentera ce magazine consacré à des sujets de famille. Une première série de dix épisodes sera en ondes dans les prochaines semaines. D’autres fournées pourraient suivre.

« Ce n’est pas de la sous-traitance en information, dit Jean Pelletier, premier directeur de l’information télévisée de RC. Parler d’externalisation de la production ne décrit pas non plus la situation. En général, les émissions d’affaires publiques sont faites dans la maison, à l’exception des documentaires, tous réalisés par des producteurs indépendants. Ce n’est donc pas une grande nouveauté. Ce qui est une première, toutefois, c’est de concevoir une émission d’information avec comme partenaire la télévision générale qui s’associe avec un partenaire indépendant. »

Le service achète rarement des productions externes. Il le fait notamment pour couvrir les questions internationales à l’aide de productions étrangères. ICI RDI a diffusé cet hiver des Grands reportages de Vice Media, entreprise américaine privée.

Les émissions comme Enquête ou La facture diffusent essentiellement des productions internes, notamment pour garder un contrôle quasi absolu sur le contenu rédactionnel. « Bien des gens voudraient mettre la main sur La facture, mais on ne la privatisera jamais, dit M. Pelletier. Sa crédibilité repose sur le fait qu’elle est faite par Radio-Canada exclusivement. »

Sujets familiaux

Le projet Remue-ménage a été présenté au diffuseur en décembre 2014. Il s’intitulait alors Planète Famille et proposait d’aborder des questions liées aux familles contemporaines. Du genre : à quel âge acheter un ordinateur à un enfant ? Ou pourquoi le Québec est-il le champion mondial de la vasectomie ?

Les sujets familiaux sont moins couverts à RC depuis la fin d’Enjeux et la récente transformation du journal télévisé de 18 h. Les compressions budgétaires ont ensuite encouragé le service de l’information à réfléchir à une solution, trouvée avec cette coproduction.

« On ne l’avait jamais fait, poursuit le directeur. La solution fait que l’émission, pour tout son contenu éditorial, sa production journalistique, sa supervision, relève de l’information. Mais l’emballage, la présentation, le montage et la fabrication de capsules vers les pauses relèvent de la télévision générale. Nous avons testé un pilote l’an dernier et nous avons décidé de faire une série pilote de dix émissions. Nous occuperons un créneau de la télé générale l’été et, sur la foi du succès que ça aura, on décidera de la suite des choses. »

M. Pelletier affirme que trois équipes de la maison ont travaillé à cette production, ce qui a fourni autant de travail à des employés. Le syndicat n’a pas de données à ce sujet et dit ne pas avoir été beaucoup informé de cette nouvelle manière de développer une émission dans un créneau autrefois réservé à la production interne.

« S’il y a quelque chose que le diffuseur public ne doit jamais traiter comme la télévision générale, c’est bien l’information, dit Johanne Hémond, présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada qui représente tous les employés du Québec, sauf les réalisateurs. Nous n’avons pas beaucoup de renseignements au sujet de cette nouvelle émission. Nous n’avons pas été consultés. Moi, je ne sais pas clairement qui a travaillé sur ce projet de production externe avec service. Chose certaine, au fil des années, ces productions ont eu un impact sur nos membres. Des secteurs complets sont en voie de disparition, par exemple le secteur design et les ateliers de fabrication. »