La douceur d’un géant

André Melançon, pionnier du cinéma pour enfants
Photo: RDI André Melançon, pionnier du cinéma pour enfants

« Le cinéma, c’est un plaisir qui, en plus de 40 ans, ne s’est jamais démenti », affirme le vénérable pionnier du cinéma pour enfants dans André Melançon, le grand gars des vues de Luc Cyr (Marcel Dubé, un simple dramaturge). Né en 1942 à Rouyn-Noranda, ce doux géant de 6 pi 3 po doit sa passion de raconter des histoires au regard de sa mère alors qu’enfant, il montait des pièces de théâtre dans le garage double de son père. À quatre ans, il découvre le cinéma grâce à ses grands frères qui l’emmènent voir Tarzan : un coup sur la gueule pour le gamin, qui en reprend un deuxième lorsqu’il découvre à 14 ans La Strada de Fellini.

Ex-psychoéducateur, André Melançon est littéralement venu au monde avec le bouleversant documentaire Les vrais perdants, « un cri d’enfant » selon ses propres mots. Dans la fébrilité du tournage de La construction du personnage ou dans la paisible intimité de son salon, le réalisateur de La guerre des tuques et de Bach et Bottine se livre en toute simplicité à la caméra. Déclarant le sourire aux lèvres et l’oeil brillant qu’il est « payé pour jouer dans un carré de sable », le cinéaste se remémore ses rares regrets et les temps forts de sa carrière. Passionnant conteur, l’homme ne laisse jamais transparaître la moindre amertume dans ses propos où il relate, avec humilité, la petite histoire du cinéma jeunesse au Québec. Tandis que défilent d’irrésistibles extraits de ses principales oeuvres, force est d’admettre que Melançon est une espèce rare et inestimable dans notre cinéma.


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