Au nom de la maternité

Photo: TV5

Sur papier, Naître dans ce monde promet un panorama des enjeux « universels » de la maternité, abordant l’allaitement et, plus largement, la relation entre société, mère et nouveau-né. Concrètement, néanmoins, les angles se diluent : entre l’accouchement, l’allaitement exclusif, le lobby féroce mené par « l’industrie de la naissance », la conciliation travail-famille et ce qu’on appelle ici un « nouveau féminisme », le liant se fait mince et le discours, éparpillé. Au-delà des portraits, tous humains et touchants, on cherche le fil conducteur qui ferait de ce documentaire militant un plaidoyer consistant.

Voilà qui est dommage, car les ponts que bâtit la réalisatrice Noemi Weis entre les cultures — on voyage du Brésil à la France, des Philippines aux États-Unis — sont solidaires et montrent que les problèmes ricochent d’un continent à l’autre. Que l’allaitement n’est pas encouragé ici, qu’il est méconnu ou mal vu là-bas. Que les préparations lactées ne pourront jamais se substituer à l’allaitement exclusif, une réalité particulièrement évidente dans les pays en développement, régulièrement frappés par la famine ou les catastrophes naturelles.

Plus descriptif que mordant, en manque de structure pour porter ses coups (notamment contre la « désinformation » servie aux mères par les géants tel Nestlé), Naître dans ce monde montre néanmoins avec sensibilité la réalité maternelle et les petites luttes au quotidien de mères douces et dévouées.

Naître dans ce monde

TV5, mardi à 20 h