Les hauts et les bas d’un humoriste

Martin Matte, ici en compagnie de Patrice Robitaille, manipule le malaise comme pas un.
Photo: Bertrand Calmeau Martin Matte, ici en compagnie de Patrice Robitaille, manipule le malaise comme pas un.

Pour une troisième saison, Martin Matte nous convie à partager le quotidien pas si tranquille de sa famille fictive. Selon les propos tenus depuis le printemps par l’humoriste, son fidèle allié François Avard et le réalisateur Francis Leclerc, il se pourrait fort bien que cette saison soit la dernière. Raison de plus pour en savourer chaque épisode, surtout que cette ultime saison s’annonce encore plus riche que les précédentes en émotions, en fous rires et en moments embarrassants.

Manipulant le malaise comme pas un, Martin Matte donne le ton dès le premier épisode, où il est question du plaisir solitaire chez l’homme et la femme. Après avoir rembarré le prétendant de sa fille Florence (Émilie Bierre), Martin prouve à sa mère Monique (Michèle Deslauriers) qu’elle radote en lui montrant un extrait de la première saison. Une délicieuse mise en abyme qui s’imbrique parfaitement dans cette série où Matte amuse la galerie avec ses regards appuyés à la caméra et les références à son écriture des Beaux malaises.

Adultère, mode d’emploi

Toujours à l’aise de parler de sa vie sexuelle, au grand dam de son fils, Monique est embarrassée de découvrir que son petit-fils, Léo (Charles William Ross), joue avec un vibrateur. Pas autant que Julie (Julie Le Breton), à qui appartient ce joujou pour adultes. S’ensuivent de cocasses situations, où l’on croise des personnages récurrents, tels le vendeur (Adib Alkhalidey) et le psy (Alexis Martin), au travers desquelles Matte et Avard exploitent efficacement notre rapport à l’intimité.

Ils en feront autant lors des scènes où Patrick (Patrice Robitaille), serial lover impénitent, prouve qu’il ne comprend rien aux désirs de sa femme Véro (Catherine Proulx-Lemay). Alors que les personnages n’osent révéler les uns aux autres ce qui les allume, on découvre en aparté leurs fantasmes et, du coup, la vraie nature de Jean-François (Martin Perizzolo). On en profite aussi pour nous balancer un soi-disant blooper

Et la tendresse?… Bordel!

Au-delà des fous rires, jaunes ou pas, que provoquent les réactions des personnages, Les beaux malaises tire sa force des instants où les silences sont plus que révélateurs. Fluide et attentive, la mise en scène de Francis Leclerc s’attarde aux regards échangés, aux gestes esquissés, donnant lieu à de jolies scènes de tendresse ou des moments crève-coeur.

Certes, il y aura encore de la place pour la franche rigolade, comme au deuxième épisode, où Patrick se retrouve enfermé dans le placard de la blonde (Laurence Leboeuf) d’un motard (Louis Champagne). Toutefois, on risque d’avoir l’oeil humide à mesure que la saison avancera. De fait, au neuvième épisode, l’attachant couple que forment Martin et Julie traverse une zone de turbulences.

Évitant de sombrer dans le mélo larmoyant, l’épisode navigue avec justesse entre le drame conjugal et la comédie familiale. Les comédies de cette qualité n’étant pas légion sur nos ondes, on regrettera assurément la disparition des Beaux malaises. Toutefois, on ne peut que saluer la sagesse de ses artisans de quitter l’antenne avec autant d’élégance.

Martin Matte, ici en compagnie de Patrice Robitaille, manipule le malaise comme pas un.

Photo: Bertrand Calmeau

Les beaux malaises

Dès le mercredi 13 janvier, à 21 h, à TVA



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