Une plongée au coeur du crime

La série raconte toute la saga de la mafia américaine à partir de témoignages d’acteurs de premier plan.
Photo: National Geographic La série raconte toute la saga de la mafia américaine à partir de témoignages d’acteurs de premier plan.

De la mafia on croit tout savoir, hantés que nous sommes par les images de grands films et de grandes séries consacrés à ce sujet, dont Le parrain, Goodfellas et Les Soprano.

Mais il y a toujours un petit frisson à voir à l’écran de vrais mafiosos qui n’ont pas la tête de De Niro ou de Pacino raconter leurs vrais mauvais coups.

Télé-Québec entreprend ce soir la diffusion d’une série produite pour la chaîne National Geographic en 2013, La mafia américaine. Douze épisodes dont la diffusion se poursuit jusqu’au mois de mars.

Le titre est un peu trompeur : on ne fait pas l’histoire complète de l’organisation criminelle tout au long du XXe siècle, et il y aurait eu beaucoup à raconter — Al Capone, Lucky Luciano, le développement de Las Vegas, les liens avec Frank Sinatra et les Kennedy, et ainsi de suite. Il s’agit plutôt d’une série consacrée à deux décennies clés, les années 70 et les années 80, considérées comme l’âge d’or de la mafia, selon les producteurs.

Au début des années 70, la mafia était un véritable gouvernement fantôme qui contrôlait des pans entiers de l’économie américaine. Elle avait la main haute sur les ports, le camionnage, le traitement des ordures, le marché de la viande et du poisson, elle montait à l’assaut de l’industrie de la construction et de plusieurs syndicats, et elle comptait parmi ses alliés des policiers et des juges.

Le FBI était carrément dépassé, sans moyens, incapable de faire face au problème.

Comme une entreprise

La mafia américaine était structurée comme une véritable entreprise, avec un conseil d’administration appelé la « commission » qui coordonnait l’activité des cinq grandes familles membres de l’organisation. L’arrogance et la puissance de la mafia sont bien illustrées par l’histoire de Joe Colombo, parrain de la famille Colombo. Comme les services policiers tentaient d’enquêter autour de lui, il avait carrément fondé une association de défense des droits des Italo-Américains, censée combattre la discrimination dont étaient victimes ses concitoyens. Colombo donnait des entrevues à la télé et organisait de grandes manifestations… Il finit par se faire tuer par un adjoint envieux en pleine manif publique !

La série raconte toute cette saga à l’aide de témoignages de participants de premier plan : mafieux (à visage découvert ou non), agents du FBI, anciens policiers, anciens procureurs. Cela finit par être un peu redondant, avec tous ces gangsters qui s’entre-tuent, mais on reste fasciné par le témoignage de Joe Pistone, alias Donnie Brasco. Johnny Depp l’a interprété dans un film célèbre, mais entendre le vrai Pistone décrire son parcours est fort riche. Pistone fut le premier agent du FBI à infiltrer la mafia dans les années 70, et à rapporter à l’agence fédérale les preuves dont elle avait besoin pour mettre hors d’état de nuire plusieurs dirigeants du groupe criminel. Une opération menée sur plusieurs années qui a nécessité un sang-froid hors du commun.

La mafia américaine

Télé-Québec, lundi 19 h 30

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 4 janvier 2016 00 h 50

    Décidence ou conformité

    Une chose dont on ose a peine parler, pourtant le paralellisme des moeurs existe, de la meme facon, que les normes existent, ca ne vous ai jamais arrivé de rencontrer des gens dont les valeurs n'ont rien a voir avec les vôtres, faut-il que nous nous ressemblions tous, les memes vêtements , les mêmes discours, les mêmes émotions, un peu comme le grand rêve des militaires. tout a coup que la normalisation n'est qu'un instant dans la longue marche de l'humanité, tout a coup que le monde est bien plus une affaire de décidence que de conformité, en fait n'est ce pas ce que l'on appelle la liberté