L’Apocalypse sur le perron

Photo: TVA

S’entrée de jeu, le ton est donné : musique dramatique, fond sombre et des témoignages. « J’ai perdu mes passions, mes rêves. » « J’ai appris à refouler mes sentiments. » « J’ai été violée à répétition de 12 à 17 ans. » Ce sont d’ex-témoins de Jéhovah qui s’expriment.

Ce documentaire des Productions J sur les témoins de Jéhovah (avec comme coproductrices Julie Snyder et Marie-France Bazzo) a été réalisé par Jean-Sébastien Lozeau, lui-même ex-témoin de Jéhovah. On y suit une famille pratiquante dans sa séance hebdomadaire de « culte familial », qui semble parfaitement épanouie, on y entend le porte-parole officiel des témoins de Jéhovah au Québec, mais la parole est surtout donnée à d’anciens adeptes, qui témoignent tous de leur mal de vivre.

L’accent est principalement mis sur les enfants, chez qui l’endoctrinement se fait au quotidien, petit à petit, puisqu’ils ne connaissent pas autre chose. Et comme le dit un ex, « la fin du monde, c’est bien trop mature, bien trop traumatisant pour enfant… ».

Car, dans leur pratique religieuse, les témoins de Jéhovah s’appuient sur l’Apocalypse et l’imminence de la fin du monde. Dans la famille « épanouie » présentée à l’écran, la fillette explique tout bonnement qu’elle a bien hâte d’aller au paradis. « Pour un enfant, attendre la fin du monde c’est terrible », commente Lorraine Derocher, chercheuse et doctorante à l’Université de Sherbrooke, qui a analysé la question.

On ne peut pas dire que les témoignages de ces « ex » soient très joyeux : problèmes psychiatriques, isolement social, abandon par leurs proches, violence familiale, bref s’extirper de ces croyances est le combat d’une vie.

Au nom de Jéhovah

TVA, mercredi 2 septembre à 21 h