La conquête du corps

Photo: Radio-Canada

On parle souvent des bouleversements politiques et culturels des années 1960, mais le plus gros changement fut probablement celui des moeurs. Au Québec, en quelques années à peine, tout un système de valeurs basé sur la religion catholique a littéralement volé en éclats. L’émission Tout le monde en parlait témoigne de ce changement en deux épisodes, et il est préférable de voir les deux pour obtenir la vue d’ensemble. Tous les interviewés, de Danielle Ouimet à l’auteure Denise Boucher en passant par la sexologue Marie-Paul Ross et le docteur Serge Mongeau, témoignent de la révolution engendrée par la pilule contraceptive. Dans une province où le plaisir était d’abord réservé à l’homme, et où le sexe devait obligatoirement mener à la grossesse, les femmes ont tout à coup pris le contrôle de leur corps et de leur plaisir. Révoltés par le refus du Vatican d’accepter la contraception en 1968, des milliers de Québécois ont déserté les églises. La deuxième émission explique bien l’hypocrisie ambiante : au Québec, les riches et les cultivés connaissaient des religieux progressistes qui leur donnaient des règles morales plus souples… alors que les femmes des milieux pauvres, elles, devaient suivre les préceptes stricts de l’Église et accumuler les grossesses. On comptait donc sur les pauvres pour renouveler la population… Ceci étant dit, cette nouvelle liberté, qui prend son envol dans les années 1970, a un revers. Hélène Pelletier-Baillargeon soutient que « le Québec n’a pas remplacé les valeurs religieuses d’autrefois par des valeurs laïques, par un véritable humanisme. La sexualité est victime de ce vide éthique »

Tout le monde en parlait

Radio-Canada, mardi 25 août à 19 h 30