Les vies d’une rivière

«La nouvelle Rupert», primé aux Hot Docs de Toronto, est une oeuvre qui parvient à instruire autant qu’à intéresser.
Photo: UNIS «La nouvelle Rupert», primé aux Hot Docs de Toronto, est une oeuvre qui parvient à instruire autant qu’à intéresser.

Une route, la nuit. Sur fond de ciel bleu cobalt, un timide croissant de lune découpe les silhouettes des épinettes et, surtout, des lignes électriques. Car c’est jusqu’à l’origine de ces dernières que l’on remonte. Direction : la rivière Rupert. Ou plutôt ce qu’il en reste, puisqu’en 2007, le cours d’eau fut détourné dans le cadre du projet hydroélectrique Eastmain-1-A–Sarcelle–Rupert.

La nouvelle Rupert, documentaire primé aux Hot Docs de Toronto, où Nicolas Renaud (La bête du lac) a reçu le prix du meilleur réalisateur canadien émergent, est une oeuvre qui parvient à instruire autant qu’à intéresser, une réussite, mine de rien, digne de mention.

L’approche privilégiée allie pédagogie, dynamisme et souci marqué d’objectivité. De fait, bien que toutes les complications écologiques encourues soient abordées, chaque parti a voix au chapitre : un représentant cri désabusé, un contremaître d’Hydro-Québec enthousiaste, un archéologue chargé de fouiller un site sur le point d’être inondé, etc.

Fascinantes sont les réflexions et confidences de Ian Diamond, le fils du défunt chef Billy Diamond (l’un des acteurs majeurs de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975 et de la Paix des Braves en 2002). Plus fascinantes encore s’avèrent les photos de la Rupert prises par le jeune homme depuis 2005. Images à l’appui, la démonstration de l’avant et de l’après se révèle saisissante.

La nouvelle Rupert

UNIS, mercredi 19 août à 20 h

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