Circulez, y a rien à voir

Les acteurs Laurent Lafitte et Omar Sy
Photo: Films Séville Les acteurs Laurent Lafitte et Omar Sy

Avec ses courbes étonnantes et cette alliance magnifique entre l’acier et le béton, le siège parisien du Parti communiste français constitue une véritable splendeur signée par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer. Et que dire des milliers de lamelles métalliques tapissant les plafonds de plusieurs salles, un choix esthétique qui séduit l’oeil dès le premier regard.

Omar Sy et Laurent Lafitte, les deux vedettes d’Incompatibles, une pochade policière de David Charhon, déambulent souvent dans cet édifice magnifique. Vous aurez compris que personne ne s’en plaint, la visite devenant une façon comme une autre de tromper l’ennui, de rester bien éveillé devant cet amas de clichés enfilés avec la dévotion des tâcherons.

Les artisans d’Incompatibles — le titre français, De l’autre côté du périph, a pris la prochaine sortie avant que le film ne débarque sur nos terres —, visiblement intoxiqués aux histoires de flics à la Lethal Weapon et celles du Belmondo de ses années de gloire, n’en ratent pas une. Clivages socioculturels, comparaisons incessantes entre Paris et ses banlieues, rivalité peu à peu transformée en amitié, tension homosexuelle vite balayée sous le tapis, le catalogue est si chargé que le jeu des comparaisons devient une autre manière de secouer notre torpeur.

En tablant sur le charme de Laurent Lafitte, ici en petit fonctionnaire ambitieux doublé d’un Casanova de pacotille, et surtout sur l’énergie mal canalisée d’Omar Sy, on tente de reproduire une dynamique d’acteurs digne du succès des Intouchables. Entre deux poursuites de bagnoles sur le fameux périphérique et des blagues qui n’auraient même pas trouvé grâce auprès de Jean Reno, Incompatibles donne plutôt envie de revoir Bon Cop, Bad Cop. Ou de poursuivre la contemplation de l’oeuvre d’Oscar Niemeyer…

Incompatibles

★★

France, 2012, 96 min. Comédie de David Charhon. Avec Omar Sy, Laurent Lafitte, Sabrina Ouazani, Zabou Breitman.