ICI Radio-Canada transforme «SNL» en «LNS»

Toute l’équipe de jeunes comédiens de «Saturday Night Live» («SNL») reprendra du service.
Photo: Joanie Lavoie Toute l’équipe de jeunes comédiens de «Saturday Night Live» («SNL») reprendra du service.

Dominique Chaloult, directrice de la télé d’ICI Radio-Canada (RC), avoue se sentir comme une maman qui retrouverait ses enfants égarés.

C’est elle qui avait fait développer la version locale de l’émission américaine Saturday Night Live (SNL), diffusée à l’hiver 2014 par Télé-Québec, du temps où elle y était aux commandes.

C’est encore elle qui a négocié avec la compagnie de production Fair-Play le transfert de la bande de jeunes créateurs de SNL-Québec dans une nouvelle émission à sketchs baptisée Le nouveau show (LNS). SNL devient donc LNS.

« Ce n’était pas possible pour Radio-Canada de diffuser SNL en direct, le samedi soir, pendant une heure trente », a expliqué la directrice générale de la télévision d’ICI Radio-Canada, Dominique Chaloult, en conférence de presse jeudi matin, à Montréal. « J’ai dit aux gars de Fair-Play d’aller tester l’intérêt des autres médias puis de me revenir en cas d’échec. Ils sont revenus et nous avons créé un concept qui reprend le but qu’avait Télé-Québec avec SNL, soit de développer la relève. »

Toute l’équipe de jeunes comédiens reprend donc du service : Katherine Levac, Virginie Fortin, Léane Labrèche-Dor, Pier-Luc Funk, Mathieu Quesnel, Phil Roy, Mickaël Gouin et Guillaume Girard. Les mêmes scripteurs se remettent au boulot. La version revue et corrigée de trente minutes, comprenant trois ou quatre sketchs, ne sera pas diffusée en direct mais sera enregistrée devant public.

Les treize premières moutures de trente minutes chacune seront diffusées sur la plateforme Tou.tv Extra (la version payante du site) à l’automne puis sur la chaîne ICI Artv à l’hiver 2016. La chaîne généraliste les recevra ensuite à son tour, sans plus de précision pour la première. Ce qui fait, oui, que la production payée par tous sera d’abord réservée aux quelques-uns qui en rajouteront.

Cette diffusion à relais, sur plusieurs plateformes, fait aussi que le SNL à la mode d’ICI ne suivra pas l’actualité et ne proposera pas non plus de pastiche de bulletin de nouvelles. Il est par contre envisagé de suivre les comédiens hors du cadre des sketchs, en coulisse, dans les loges et les couloirs du studio.

À la Netflix

Le tournage de la première saison se fera cet été. Une présentation en bloc, tout d’un coup, de plusieurs, voire de tous les épisodes, n’est pas exclue. Peu importe, en l’état, la diffusion sur plusieurs médias, en commençant par la plateforme numérique Tou.tv, signale une première.

L’idée, c’est évidemment de rejoindre les nouveaux publics où qu’ils se trouvent. Les plus jeunes délaissent la télé. Des plus vieux aussi se débranchent des services câblés. Le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes a résumé le nouveau paradigme des écrans en notant que le contenu y est toujours roi, mais que les consommateurs deviennent les empereurs de ce monde en révolution.

« Tou.tv va bien, mais il faut rester à l’avant-plan, alors que la guerre difficile se fait contre Netflix ou Amazon », dit Christiane Asselin, directrice, contenu et programmation multi-écran, webtélé et ICI Tou.tv. « Il faut prendre les transformations au sérieux. Il faut se dire que les consommateurs de demain ne regardent pas Radio-Canada comme autrefois. Il faut développer une stratégie pour investir toutes les plateformes. »

La création de son poste signale aussi le virage pris par le diffuseur public. La nouvelle direction liant le multi-écran, la webtélé et la plateforme numérique a été créée il y a deux semaines à peine.

« Mon mandat est de donner un coup de manivelle, explique-t-elle. Maintenant, Tou.tv ne relève plus des médias numériques mais de la télévision, de Dominique Chaloult et de son groupe qui relie aussi Artv et Explora. C’est significatif. Toutes ces plateformes doivent travailler ensemble. »

Mme Asselin arrive elle aussi de TQ, comme l’équipe de SNL-Québec. Elle y était directrice générale des médias numériques.

« Un des éléments les plus importants dans la guerre pour les publics concerne la notoriété des contenus, leur connaissance », dit la spécialiste, qui « est » dans le Web depuis vingt ans, selon sa propre formule. « Quand quelqu’un se branche sur Tou.tv ou regarde une émission sur Explora, c’est parce qu’il en a entendu parler d’une manière ou d’une autre, par les réseaux sociaux par exemple. De même, à l’avenir, quand quelqu’un regardera une émission sur ICI Radio-Canada Télé, ce sera peut-être parce que sa notoriété aura d’abord été établie sur Tou.tv. On a testé ce modèle en diffusant en primeur trois épisodes de la série Nouvelle adresse. On va maintenant l’explorer davantage avec LNS. »

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 10 avril 2015 10 h 59

    Ha ha ha!

    Finalement que devient Radio canada ? Une grosse collection de shows de rires. Plus ou moins gras c'est selon la saison.

    C'est sûr qu'on sait rire au Québec. La question est de savoir si on sait faire autre chose.