Au-delà d’«Unité 9»

Le film «De prisons en prisons» était récemment en nomination pour le Jutra du meilleur long métrage documentaire.
Photo: De prisons en prisons Le film «De prisons en prisons» était récemment en nomination pour le Jutra du meilleur long métrage documentaire.

La troisième année de diffusion du téléroman Unité 9 s’est terminée, comme il fallait s’y attendre, sur une note dramatique. Les nombreux fidèles s’ennuieront de leurs détenues fictives favorites. Ils ont la chance cette semaine de faire connaissance avec d’attachantes dames, celles-là bien réelles, qui sont pensionnaires d’un pénitencier ou l’ont déjà été. Unité 9 : le documentaire fut d’abord un webdocumentaire mis en ligne sur le site du populaire téléroman en janvier dernier, un ensemble de témoignages d’une douzaine de détenues et ex-détenues dont la réalité faisait écho aux thèmes abordés dans la fiction créée par Danielle Trottier. Il y est beaucoup question de maternité dans tous ses états, mais aussi de la difficulté de se défaire de ses vieux démons. Cette série d’entretiens réalisés par Hélène Choquette (Année zéro, Les poings de la fierté) est complétée par des informations fort éclairantes sur la condition des femmes en prison au Canada. Certaines des femmes interrogées vous tireront les larmes, d’autres vous donneront espoir en ce système mal aimé qui permet parfois à certaines de se sortir du cycle de la misère, de la violence, de la toxicomanie. Une expérience Web qui mérite amplement sa migration au petit écran.t

La vie après la prison

Le film De prisons en prisons, qui était récemment en nomination pour le Jutra du meilleur long métrage documentaire, prolonge la réflexion sur ce même thème de façon plus « intensive. » Le réalisateur Steve Patry y suit trois ex-détenus fraîchement sortis du pénitencier qui entreprennent le long, très long et très laborieux processus de réhabilitation dans la société, un projet immersif qui l’a occupé pendant trois ans. Julie-Chantale, Jean-François et Yves ont tous un lourd passé, marqué par leur toxicomanie difficile à vaincre qui mine souvent leurs efforts pour mener une vie « normale ». Le documentariste a réussi l’exploit d’entrer dans leur intimité et d’y rester, même dans les moments de rechute, et de nous montrer leur réalité sans misérabilisme ni sensationnalisme. Ce traitement respectueux nous les rend sympathiques et nous empêche surtout de les juger trop sévèrement, même s’ils perdent pied à nouveau, au point parfois de reprendre le chemin de la prison.

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Unité 9 : le documentaire

Radio-Canada, mardi 7 avril à 21 h. Aussi: «De prisons en prisons», Télé-Québec, lundi 6 avril à 21 h