Bienvenue chez Normand

Le cinéaste Michel Demers, documentariste qui aime faire le portrait de gens «ordinaires», a posé sa caméra dans l'intimité du garage de son frère mécanicien.
Photo: Michel Demers Le cinéaste Michel Demers, documentariste qui aime faire le portrait de gens «ordinaires», a posé sa caméra dans l'intimité du garage de son frère mécanicien.

Normand Demers a un garage. Pas un gros garage, ni un garage « commercial », mais un espace assez vaste pour réparer quelques « machines » et surtout pour accueillir ses amis et sa famille le temps d’une bière, d’un repas ou d’une petite réparation. Son repère sert de lieu de rencontre à son cercle social à Longue Rive, un village d’un millier d’âmes sur la Haute-Côte-Nord, un peu au sud de Forestville. Le cinéaste Michel Demers, documentariste qui aime faire le portrait de gens « ordinaires » (Vieillir heureux, Les skaters), a posé sa caméra dans l’intimité chaleureuse du garage de son frère mécanicien pendant plusieurs semaines, montrant ainsi tout un pan du quotidien du Québec rural dont une bonne partie des gens de la ville ignorent l’existence.

On sent partout les influences du cinéma direct des années 1950 et 1960 dans ce film sans prétention, qui dépeint avec fraîcheur, spontanéité et surtout respect un monde qui ne veut pas disparaître, qui veut se perpétuer entre la mer et l’eau douce, à l’orée des forêts giboyeuses. Ce portrait de famille élargie, où l’on fait connaissance avec les voisins et amis qui passent au garage de Normand pour jaser, prendre un verre à côté du poêle, installés sur une des chaises berçantes organisées en cercle, parfois avec leur famille au complet, se laisse regarder comme si on y était nous aussi invités, comme si on pouvait devenir du jour au lendemain des habitués de cet endroit accueillant, malgré la graisse, la fumée de cigarette.

Les personnages de cette communauté, comme il y en a des centaines un peu partout au Québec, témoignent de façon parfois maladroite mais sincère de leur attachement pour ce repère et pour son maître, un homme débrouillard, généreux et sympathique. Entre les « réceptions improvisées », les réparations de camions et de motoneiges, une pêche aux palourdes et des récits de chasse et de pêche, la figure centrale du film, qui se prête de bonne grâce au projet documentaire de son frère, clame à plusieurs reprises son espoir de voir se poursuivre ce mode de vie dans lequel il est visiblement heureux. À la fin de cette petite heure dans son antre, c’est tout ce qu’on lui souhaite.

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Grands reportages : Le garage

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