Une étonnante page d’histoire

Imaginez: la veille de Noël, quittant leurs tranchées, des factions ennemies, après s’être copieusement tiré dessus, négocient une trêve pour Noël.
Photo: Films Séville Imaginez: la veille de Noël, quittant leurs tranchées, des factions ennemies, après s’être copieusement tiré dessus, négocient une trêve pour Noël.

Étonnant, c’est bien le mot. Imaginez plutôt : la veille de Noël, quittant leurs tranchées boueuses et glacées, des factions ennemies, après s’être copieusement tiré dessus, négocient une trêve momentanée, le temps de dignement célébrer la naissance du Divin Enfant.

C’était en France, au début de la Première Guerre mondiale, en 1914. Là, le temps d’une nuit particulière, le temps d’une anecdote historique inusitée, les troupes alliées se sont recueillies aux côtés des soldats allemands. Christian Carion (Une hirondelle a fait le printemps, L’affaire Farewell) en a tiré un film certain de réchauffer les coeurs.

Les protagonistes : le lieutenant Audebert (Guillaume Canet, persuasif), jeune gradé de l’armée française essayant de se soustraire à la férule paternelle du général Audebert, son père et supérieur hiérarchique ; le lieutenant Horstmayer (Daniel Brühl, un peu terne), un Allemand de confession juive ; Anna Sorensen (Diane Kruger, convaincante), une soprano mariée à un ténor (Benno Fürmann, très digne). Ils sont entourés de toute une galerie de personnages secondaires savoureux, interprétés, entre autres, par Ian Richardson, Dany Boon et Lucas Belvaux. Dans une participation brève mais émouvante, les regrettés Michel Serrault et Suzanne Flon font un dernier tour de piste en duo, leur troisième.

C’est une belle histoire que raconte Joyeux Noël, une histoire, en fait, qui n’est pas pour les cyniques. Les sentiments sont nobles et les intentions, meilleures. Cela étant, le tout est orchestré de main de maître par Carion, qui apporte souffle et ampleur aux scènes extérieures et chaleur et intimité à celle tournées en intérieur. L’atmosphère des tranchées est rendue de manière très crédible : on grelotte avec les soldats frigorifiés.

Un fait historique qui exemplifie très bien les contradictions dont est capable la bête humaine.

Cinéma : Joyeux Noël

Cinépop, 21 h