De père en fils

«Les Réal Béland» devait être un documentaire sur Réal Béland père vu par son fils homonyme. C'est devenu un portrait inattendu.
Photo: Canal D «Les Réal Béland» devait être un documentaire sur Réal Béland père vu par son fils homonyme. C'est devenu un portrait inattendu.

Ce devait être un documentaire consacré à Réal Béland père, alias Ti-Gus de Ti-Gus et Ti-Mousse, qui aurait utilisé les souvenirs de Réal Béland fils comme fil conducteur. Les Réal Béland est demeuré cela, en partie, mais de jeux de miroirs en constats imprévus, l’expérience s’est muée en autre chose, quelque chose d’inattendu, quelque chose d’universel : le portrait d’un homme qui examine soudain sa manière d’être un parent à la lumière de celle privilégiée jadis par son père, décédé en 1983 alors que le petit Réal n’était âgé que de 12 ans.

C’est en participant aux Grandes entrevues Juste pour rire, il y a quelques années, que Réal Béland a pris conscience qu’on avait un peu oublié son père ou, à tout le moins, qu’on ne lui avait pas rendu les mêmes hommages qu’à ses contemporains de l’humour, tels Olivier Guimond et Gilles Latulippe. Dans la foulée survint une autre prise de conscience, celle que ses trois filles n’avaient qu’une idée très abstraite de qui avait été leur grand-père, et de tout ce qu’il avait représenté pour leur père.

Afin de s’assurer un tournage confortable pour les siens, Réal Béland s’en est remis à son complice de longue date, le réalisateur Nicolas Houde-Sauvé. Du coup, tant Réal Béland que sa femme et leurs trois filles semblent oublier la présence de la caméra.

À mesure que le documentaire progresse et que Réal Béland consulte en compagnie de sa conjointe et de leurs filles les nombreux albums photo et les innombrables « films maison » tournés autrefois par le père du premier, des parallèles se dessinent, francs, évidents, entre le père et le fils : au-delà du métier d’humoriste que le fils exerce comme son père avant lui, il a débuté, comme lui, à 17 ans, et comme lui encore il fait passer sa famille avant le reste, se rendant compte pour la première fois, devant la caméra, que sa façon d’être un père, d’être un humain en fait, il l’a apprise de son propre père qui, entre autres anecdotes inusitées pour un homme qui aurait à présent 93 ans, allait chercher son fils à l’école chaque midi pour manger avec lui.

Bref, d’observations en confidences, l’exercice se révèle beaucoup plus intime que ce qui était initialement prévu. Il en résulte, plus qu’une biographie, une ode à la paternité, aussi inattendue que chaleureuse.

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Docu-D : Les Réal Béland

Canal D, 19 h