Dur à l’extérieur

Goon relate le cheminement professionnel et personnel de Doug Glatt, un videur sans avenir qui n’a jamais eu une très haute opinion de lui-même.
Photo: Alliance Goon relate le cheminement professionnel et personnel de Doug Glatt, un videur sans avenir qui n’a jamais eu une très haute opinion de lui-même.

Inspiré de la vie d’un hockeyeur des ligues mineures, Goon relate le cheminement professionnel et personnel de Doug Glatt (Sean William Scott, fort attachant), un videur sans avenir qui n’a jamais eu une très haute opinion de lui-même. Bon gars, il faut le voir prendre la défense de son frère gai dès que quelqu’un s’avise de proférer une remarque homophobe.

C’est d’ailleurs au hasard d’une telle rossée que Doug est repéré par le coach de l’équipe locale de hockey qui, après lui avoir enseigné les rudiments du patin, l’envoie à Halifax. Là-bas, on confie à Doug la tâche de couvrir les arrières de Xavier Laflamme (Marc-André Grondin, baveux à souhait), un joueur doué qu’une vicieuse mise en échec a traumatisé. Imaginez Pierre Lambert qui aurait mal tourné.

Goon est le genre de films que les critiques sont censés haïr (paraît-il). Vrai que l’humour privilégié par cette comédie se situe généralement sous la ceinture et qu’il est livré avec force vulgarité. C’est gros, c’est gras. Et c’est drôle pas à peu près, n’en déplaise aux tenants du bon goût.

Forcément, Goon contient de nombreuses scènes de bagarre. Or, sans la condamner, le réalisateur Michael Dowse (Fubar, Et si jamais) présente la violence de manière ambiguë. Lorsqu’elle a cours, on est conscient du jeu qui s’arrête. À un moment, on montre une fillette tout excitée par l’échauffourée sur la glace. Soudain, le visage du joueur battu frappe brutalement la baie vitrée juste devant elle, y laissant une traînée de sang. Le sourire de la gamine vacille. La séquence est courte, mais révélatrice.

Pour être parfaitement honnête, cela dit, on s’arrête assez peu pour réfléchir. La mise en scène de Dowse maintient un rythme effréné et le scénario multiplie les réparties qui feraient rougir un soudard. Le film Goon est grossier et ne s’en excuse pas, mais, surtout, il a le coeur à la bonne place.

Cinéma : Goon – Dur à cuire

TVA, 21 h