Prix en série pour «Série noire»

Les deux têtes d'affiche de <em>Série Noire</em>, Vincent-Guillaume Otis et François Létourneau (aussi coauteur de la série).
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les deux têtes d'affiche de Série Noire, Vincent-Guillaume Otis et François Létourneau (aussi coauteur de la série).

Et dire que cette série a failli ne pas connaître de suite… Les faibles cotes d’écoute ont fait tergiverser Radio-Canada pendant des mois sur le sort à réserver à la production Série noire, saluée pour ses qualités, mais jugée trop peu populaire.

Dimanche, en ondes et hors des ondes radio-canadiennes, la comédie autoréférentielle sur la scénarisation télé a remporté onze prix Gémeaux au total, ce qui en fait la plus récompensée du 29e Gala de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision. L’utilisation de la voix de Bernard Derome pour donner la liste des mises en nomination de la soirée télévisée, prix après prix, se voulait un clin d’oeil à la voix hors champ de la série.

Les dix-sept prix remis pendant la soirée diffusée par Ici Radio-Canada Télé donnaient par contre une impression plus équilibrée de la distribution avec des récompenses remises à Mémoires vives ou O’. Pendant ce gala télévisé, Série noire n’a reçu que deux prix alors que Les beaux malaises en a empoché quatre, soit le meilleur premier rôle masculin (Martin Matte), le féminin (Julie Le Breton), la réalisation (Francis Leclerc) et la meilleure comédie.

Guy Nadon est un autre gagnant exceptionnel de cette soirée. Le comédien repart avec deux prix d’interprétation, un (son 3e) pour son rôle principal dans le téléroman O’ et un autre pour son rôle de soutien dans Série noire.

Par contre, la récompense suprême de la meilleure série dramatique échappe à la production Série noire. Les académiciens ont préféré couronner Mensonges. Fanny Mallette, de la production, emporte la récompense pour son interprétation dans un premier rôle dans une série dramatique.

La soirée a aussi été l’occasion de multiplier les courtes interventions sociopolitiques, surtout en faveur du diffuseur public malmené par des compressions. L’animateur Guy A. Lepage a mentionné les artisans de Radio-Canada et a parlé de « coupures inexplicables et sauvages ». Son talk-show Tout le monde en parle a reçu le huitième prix dans sa catégorie en dix années de production continue.

La soirée télévisée a aussi servi à rendre hommage à Claude Robinson, qui mène depuis deux décennies une lutte devant les tribunaux pour faire reconnaître ses droits d’auteur bafoués par des producteurs.

Humour en stock

Pour le reste, le ton est demeuré bon enfant, avec le gentil René Simard à l’animation. Il a cassé la glace avec un numéro musical puis mené le jeu avec la bonhomie qu’on lui connaît.

Les artistes de l’humour ont contribué dans ce ton. Après cinq nominations pour la récompense des meilleures interprétations en humour, Les Appendices remportent leur tout premier prix Gémeaux. La joyeuse bande de Télé-Québec a déridé la salle avec ses remerciements amusants mentionnant les gens habituels (nos familles, etc.) et toutes sortes d’événements, dont plusieurs festivals de la galette.

Martin Matte, primé deux fois (premier rôle masculin et écriture des Beaux malaises), a également donné la leçon avec ses remerciements mêlant l’humour et les coups de chapeau aux collègues artistes et artisans, dont Patrice Robitaille récompensé hors d’ondes pour son rôle de soutien. Le stand up a aussi pris le temps de passer la pommade sur TVA, qui boude encore et toujours le gala.

TVA Productions vient de se joindre à des discussions pour revoir en profondeur la distribution des prix. Deux autres producteurs discutent aussi de leur éventuelle participation à la remise des prix de la télévision québécoise, soit Aetios (qui présente Unité 9, Trauma et 30 vies) et Productions J (La voix et Occupation double).