L'âne bâté n'est pas celui qu'on croit

​Le Pays basque, dans le sud de la France. L’âne Balthazar mène une existence heureuse auprès de Marie, une adolescente qui n’est pas avare d’affection envers l’animal. Cruelle, la vie les séparera, et Balthazar connaîtra maints tourments au contact d’une brute puis d’un assassin.

​On l’a signalé lors d’une diffusion passée du film Pickpocket, le cinéaste Robert Bresson
(Les dames du bois de Boulogne, Un condamné à mort s’est échappé) appartient, à l’instar des Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick et autres Ingmar Bergman, au club sélect des maîtres du 7e art révérés non seulement par la critique, mais aussi, et de manière encore plus significative, par les autres réalisateurs. À cet égard, Au hasard Balthazar fut d’emblée salué par les pairs de Bresson, et pas les moindres.

D’ailleurs, à l’occasion d’une édition spéciale de l’émission culturelle Pour le plaisir, les Louis Malle, Marguerite Duras et autres Jean-Luc Godard vinrent tous rendre hommage au
cinéaste et à sa plus récente proposition, qu’ils jugèrent d’office comme «Espace flexible marquant un tournant dans l’art cinématographique». Il y a pire verdict.
Et pires critiques pour le formuler.

Inspirante et traversée de questionnements existentiels et religieux (dans le cas d’Au hasard Balthazar, l’auteur affirma avoir découpé son film en sept tableaux afin que chacun représente l’un des péchés capitaux), l’œuvre bressonnienne repose sur un paradoxe. En effet, c’est par le style ascétique de la mise en scène, par l’épure de l’approche narrative et par le
minimalisme du jeu que jaillit la richesse du discours. Au hasard Balthazar en constitue l’une des plus belles preuves.

À voir en vidéo