Thriller artistique

Une bande de disciples d’un artiste « conceptuel » danois célèbre, dont les oeuvres éphémères sont reconnaissables par leur « logo » en forme de spirale, organisent des coups d’éclat qui ont pour objectif de faire réagir le public sur la vacuité de notre monde, sur les dérives du capitalisme.

 

L’une des dernières trouvailles de celui qui se cache derrière le pseudonyme d’Arturo, une pluie de faux billets de 200 euros versée lors d’un vernissage couru par l’élite de la capitale danoise, a l’effet contraire : les collectionneurs s’arrachent ces billets à prix fort.

 

C’est pourquoi l’artiste rebelle et sa bande tentent le tout pour le tout en orchestrant le vol simultané de six tableaux dans six grands musées européens, qu’ils mettent à la poste en leur accolant une puce. Et ils invitent les internautes à une énorme partie de géolocalisation de ces trésors sur la grande Toile.

 

Voilà la base de cette série européenne présentée au même moment dans neuf pays européens en septembre 2012. La particularité de ce thriller nouveau genre réside dans le fait que les téléspectateurs de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Danemark, de la Norvège, de la Finlande, de la Belgique, des Pays-Bas et de la Suisse pouvaient vraiment participer à ce jeu de cache-cache Internet.

 

Au-delà de l’événement multimédia, du genre qu’on aimerait bien voir repris un jour pour une série d’ici, La spirale est un thriller haletant, car l’expérience illicite tourne au vinaigre, et Europol, déjà aux trousses d’Arturo depuis un moment, trouve là matière à porter des accusations formelles contre l’artiste et ses acolytes. La situation tendue et les conflits dormants entre les cambrioleurs et l’entourage de l’artiste vedette ajoutent une couche au suspense. Malheureusement, la version française gomme la diversité linguistique qui émanait de la version originale, mais ce n’est qu’un désagrément mineur par rapport au plaisir que les férus de thriller à la scandinave tireront de ce drôle d’objet télévisuel.

La spirale

Artv, 22 h

À voir en vidéo