À voir le samedi 1er février - La femme qui refusait de rester derrière un homme

Martha Gellhorn, ça vous dit quelque chose? Si vous vous passionnez pour l’histoire du journalisme, l’histoire contemporaine américaine ou la vie et l’oeuvre d’Ernest Hemingway, il y a fort à parier que vous connaissez cette femme hors norme. Sinon, ce somptueux téléfilm portant le sceau d’excellence HBO vous la fera découvrir sous les traits d’une Nicole Kidman certes un peu plus glamour (et les méchantes langues diraient «avec quelques doses de Botox»...).

N’empêche que la blonde Australienne, oscarisée pour avoir incarné Virginia Wolfe, est très convaincante dans le rôle de cette pionnière du journalisme de guerre. Elle a été mariée à Ernest Hemingway le temps d’une guerre, la Seconde Guerre mondiale, qu’elle a couverte autant en Europe qu’en Asie. Et contrai-rement aux autres épouses du géant de la littérature américaine, c’est elle qui a demandé le divorce.

On a confié la réalisation de ce téléfilm aux ambitions cinématographiques à Philip Kaufman, un réalisateur qui s’est souvent frotté à l’univers littéraire, après avoir adapté plusieurs oeuvres romanesques (dont L’étoffe des héros et L’insoutenable légèreté de l’être) et porté à l’écran des pans de vie d’écrivains célèbres (Henry Miller et Anaïs Nin dans Henry June et le marquis de Sade dans Quills). Il en résulte une oeuvre classique et efficace, qui ne révolutionne aucunement le genre biographique, mais qui donne à ses vedettes (Clive Owen en Hemingway bourru, sexiste et tombeur, David Strathairn en John Dos Passos) des rôles à la mesure de leur talent.

Le (très) long métrage se concentre pour l’essentiel sur les années qui précèdent le mariage des deux tourtereaux, lorsqu’ils sont aux premières loges de la guerre civile espagnole aux côtés des forces républicaines, des brigades internationales et d’autres journalistes, dont le photographe Robert Capa, occupés qu’ils sont à tourner un film sur ce conflit avec le cinéaste Joris Ivens (curieusement incarné par Lars Ulrich, le batteur de Metallica). Il s’agit d’ailleurs de la partie la plus «instructive» du récit, même si on sent que l’on a pris certaines libertés avec le cours de l’histoire... N’empêche qu’on passe un bon moment devant cet Hemingway et Gellhorn, qui donne le goût de découvrir l’oeuvre de cette femme intrépide.