À voir le mercredi 29 janvier - Maux de tête

En 2009, Chris Nowinski avait profité de la semaine d’activités précédant le Super Bowl XLIII présenté à Tampa pour tenir une conférence de presse à propos du problème des blessures à la tête induites par la pratique du football. Nowinski, un ancien lutteur professionnel qui a aussi joué au football à Harvard, a subi de multiples commotions cérébrales au cours de sa carrière et il mène depuis plusieurs années une campagne visant à sensibiliser la population à ce sujet et à favoriser la recherche, le traitement et la prévention.

«Il y avait des milliers de journalistes de l’autre côté de la rue, et il en est venu deux douzaines à ma rencontre», raconte-t-il, façon de dire que le chemin était alors, et est encore aujourd’hui, long pour mettre en lumière les risques inhérents au sport le plus populaire aux États-Unis.

Nowinski est l’un des protagonistes de League of Denial, un document percutant diffusé en octobre dernier par le réseau PBS et qui n’a pas obtenu toute l’attention qu’il aurait méritée bien qu’il s’attaque à l’institution justement populaire qu’est la NFL (ou peut-être parce qu’il s’en prend à une institution immensément prisée, le déni n’étant pas le lot que d’un circuit mais de presque tout un pays). On y aborde la question des conséquences dévastatrices des traumatismes cérébraux chez les anciens joueurs — démence, troubles du comportement, insomnie, pertes de mémoire, suicide — et les efforts allégués des autorités de la ligue pour camoufler la situation alors même qu’elles continuent de glorifier la violence du sport. Des épouses (souvent veuves), des enfants, des médecins, des journalistes, d’ex-joueurs, un agent témoignent, et ça va drôlement droit au but.

Le dossier demeure brûlant d’actualité puisque les choses ont changé depuis la production du document: une entente de 765 millions $US intervenue au mois d’août entre la NFL et quelque 4500 de ses anciens joueurs et leurs proches a récemment été rejetée par une juge, ce qui signifierait que la somme est trop peu élevée et qu’on chercherait à éviter une foule de recours individuels par des plaignants insatisfaits.

Un document qui dérange, à voir en deux parties mercredi et jeudi sur RDI.