À voir le mardi 14 janvier - La face cachée de la Corée du Nord

Des orphelins au visage noirci par la misère, vêtements délabrés et souliers trop grands, qui quémandent à la vue de tous. Des contrebandiers qui se fixent des rendez-vous nocturnes en pleine forêt pour s’échanger des clés USB contenant des films et des émissions de l’étranger. Ou encore l’intérieur du grand magasin numéro 1 de Pyongyang — outil de propagande à la télé d’État — où une vendeuse affirme devant une caméra cachée que les vêtements en présentation ne sont en fait même pas à vendre.

Les images clandestines obtenues en Corée du Nord par l’équipe de Frontline auprès de gens qui risquent leur vie pour montrer la face cachée du royaume ermite nous révèlent, sans artifice, le quotidien de ce peuple écrasé par les promesses officielles d’un avenir radieux. Des scènes de rue et des discours tenus en cachette qui n’ont rien à voir avec les images tournées par l’État où le président Kim Jong-un visite des laboratoires ou rencontre des citoyens ou des régiments tout à fait heureux de sa présence. Il faut voir, entre autres, ces deux jeunes femmes s’enfermer dans une chambre et insérer une clé USB dans leur lecteur portatif. Elles s’interrogent à voix haute sur les images illégales qu’elles sont en train de regarder.

Il faut voir des gens faire du commerce entre eux, une pratique pourtant illégale mais devenue nécessaire. Ou ces travailleurs qui doivent construire un chemin de fer en cadeau à Kim Jong-un: ils n’en reviennent pas de l’ampleur de la tâche et de son urgence. Mais on entend aussi ce qu’on soupçonne depuis toujours: alors qu’en public les gens sont forcés de louanger le régime, à défaut de quoi ils risquent notamment un séjour dans un camp de travail — voire pire —, en privé on ne se gêne pas pour le critiquer.

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