À voir le jeudi 26 décembre - Deux monstres, une seule flamme

Paris, vers 1913. Après des années de vaches maigres, la modiste Coco Chanel a établi son style, qui fait sensation, et sa personnalité, que l’on s’arrache. Riche et populaire, Coco est en plus heureuse en amour. À la même époque, Igor Stravinsky présente son nouveau ballet, Le sacre du printemps, au théâtre des Champs-Élysées. Commotion, scandale. Coco, elle, est fascinée par l’audace et le génie manifeste qui couve dessous. Aussi, lorsque, quelques années plus tard, le compositeur russe se réfugie en France avec sa petite famille, Coco lui offre sa résidence secondaire à la campagne afin qu’il puisse y travailler. Faut-il préciser qu’à ce stade, ils ne se peuvent plus de désir l’un pour l’autre.

Sorti concurremment avec le très poussiéreux Coco avant Chanel d’Anne Fontaine, Coco Chanel et Igor Stravinsky partait avec deux prises contre lui avant même de prendre l’affiche. Primo, l’absence d’une Audrey Tautou devant la caméra. Secundo, la présence derrière celle-ci de Jan Kounen (Dobermann, 99 francs), réalisateur quelconque. Or, devant le film que ce dernier a tiré du roman de Chris Greenhalgh, force est de constater que sa vision est beaucoup plus cinématographique que celle d’Anne Fontaine.

Sensuelle et élégante, à l’instar des protagonistes, la mise en scène de Jan Kounen guide le spectateur à travers un entrelacs de désirs et de heurts, de passions exacerbées et de grands déchirements. Anna Mouglalis (cette voix...), qui campe une Coco Chanel bien plus intéressante que sa consoeur plus connue, partage en outre avec Mads Mikkelsen (Casino Royale, La chasse) une chimie palpable. À découvrir.