À voir le mercredi 25 décembre - Ce qui ne veut pas mourir

Une mort assez déterminante est abondam-ment décrite dans Histoire de jouets 3: celle de l’enfance. Non, pas de sang qui éclabousse, pas de cris déchirants, juste la petite cacophonie des objets qui appartenaient à une époque d’insouciance, déposés dans les poubelles ou rangés dans des boîtes en carton pour faire place à l’âge adulte. C’est à ce douloureux exercice que se livre Andy, ce garçon turbulent qui avait jadis transformé sa chambre en véritable paradis des jouets, qui ont fait le bonheur de millions de spectateurs.

Après un coup d’envoi réussi en 1995 et une suite tout aussi éclatante en 1999, l’équipe Pixar n’avait visiblement pas épuisé tout le potentiel animé de cet univers formé du plus beau des bric-à-brac. Histoire de jouets 3 le prouve ici avec éclat, intelligence, rythme et quelques impertinences pour adultes bien avertis.

Le départ d’Andy pour le collège le force à revoir ses priorités matérielles, surtout sous les pressions de sa mère qui tient à ce qu’il mette de l’ordre dans sa chambre. C’est ainsi que le cow-boy Woody, l’astronaute Buzz Lightyear et tous les autres beaux joujoux de la bande échouent dans une garderie aux allures paradisiaques, mais dont les contours ressemblent à un croisement entre un camp de concentration nazi et une prison à sécurité maximale. Même le kapo des lieux, un ourson aux courbes généreuses, réussit à mystifier pour un temps les orphelins d’Andy. Entre ces tyrans en peluche et une horde d’enfants toujours prêts pour un bon massacre, la fuite devient une question de survie pour ces objets de l’enfance qui s’animent dès que les humains referment les portes derrière eux.

Cette escapade dans un univers hostile et peu familier offre de multiples possibilités, toutes mieux exploitées les unes que les autres. Il y a d’abord cette abondance de nouveaux jouets, autant de personnages surprenants et pourtant familiers qui n’échappent pas à la douce ironie des scénaristes, comme ce Ken aussi amoureux de sa garde-robe «vintage» que de la blonde Barbie, et peut-être même plus... Mais cette animalerie de métal, de tissu et de plastique se résumerait sûrement à un simple feu d’artifice numérique si tout cela n’était pas ancré dans un récit à l’amorce un peu traînante, mais qui rapidement n’offre aucun répit au spectateur.