À voir le mardi 24 décembre - À chacun son rire

Rit-on des mêmes blagues au Québec et en France, en Belgique et au Maroc? Non, on s’en doutait, mais Humour du monde le confirme, exemples à l’appui. Il s’agit là de l’enjeu principal abordé dans le documentaire (plutôt un long reportage) présenté par TV5. Pendant l’heure et quart, peu ou prou, que dure la production, on rayonne autour de ce sujet-question, explorant notamment la question de l’adaptation de l’humour québécois au marché français.

À ce chapitre, c’est sans doute Anthony Kavanagh qui se montre le plus lucide lorsqu’il déclare qu’il faut consentir d’office à adapter son contenu et (oui) son accent si l’on souhaite percer le marché parisien.

Le peuple français en général et les Parisiens en particulier ne font aucun — aucun — effort pour comprendre un interlocuteur «affligé» d’un accent, explique en substance celui qui a vécu 10 ans à Paris, où il a connu beaucoup de succès en adoptant l’accent de la place. La franchise de Kavanagh est rafraîchissante. Il ne dit pas que c’est bien ou que c’est mal, que c’est juste ou injuste. C’est comme ça, constate-t-il, et c’est tout. Un petit montage présente ensuite le même numéro dans ses versions québécoise, parisienne, puis belge. Kavanagh caracole chaque fois.

Pourquoi ce désir de réussir en France? Simple question économique, d’expliquer le chercheur Robert Aird, qui est également professeur à l’École nationale de l’humour. Le marché québécois est petit; la francophonie est grande. D’ailleurs, de rappeler Aird, l’humour physique voyage mieux car, lui aussi est de cet avis, celui reposant sur le texte nécessite forcément des modifications. Insérez les extraits de spectacles de la Belge Virginie Hocq, qui imite grenouilles et chiens de compagnie pour mieux appliquer, ensuite, les comportements animaliers aux êtres humains hilares qui l’observent depuis la salle.

Bref, si l’ensemble s’avère un peu brouillon, le contenu n’en est pas moins pertinent.