À voir le mardi 17 décembre - Les secrets de la recette

On a d’abord l’impression d’être tombé sur une mauvaise imitation des documentaires militants de Michael Moore. Une journaliste d’enquête à quatre sous nous présente comme le scoop du siècle le fait que la recette originale du Coca-Cola, en 1886, comprenait de la feuille de coca. Mais Olivia Mokiejewski nous apprend ensuite que ça pourrait bien être encore le cas aujourd’hui, et notre curiosité est piquée.

L’idée de faire le portrait de l’une des marques les plus célèbres dans le monde en partant de la recette prétendument secrète de sa boisson phare est un procédé astucieux qui permet de présenter de façon dynamique toutes sortes d’informations connues et moins connues sur son compte.

Lorsqu’on parle de cannelle, de coriandre, de noix de muscade et de citron vert, notre boisson a le côté sympathique et inoffensif des ours polaires qui lui servent de mascottes. Les choses se gâtent toutefois lorsqu’on parle d’acide, de caféine et du mystérieux «colorant au caramel». La composition de ce dernier comprendrait, entre autres, un produit (le E150d) dont les effets cancérigènes ont été jugés suffisamment inquiétants pour que l’État de la Californie décide d’en limiter strictement la quantité dans les boissons vendues sur son territoire.

Un autre ingrédient, pas secret du tout celui-là, est évidemment le sucre, qui entre en quantité étourdissante dans les sodas, au point que ces derniers seraient devenus la première source de sucre de calories dans l’alimentation des Américains. Vendues partout dans des verres de plus en plus gros, toutes ces boissons pétillantes contribuent à l’explosion des cas d’obésité, de diabète, et de mille autres calamités de santé publique qui affligent les populations du Nord comme du Sud dès le plus jeune âge.

Le cas du Mexique est emblématique, lui qui a déjà eu un ancien p.-d.g. de Coca-Cola Mexico comme président (Vincente Fox) et qui est l’endroit au monde où se boit le plus de Coke (trois cannettes par personne par jour). On y voit des populations réduites à boire de l’eau insalubre (ou du Coke) parce qu’une usine en rouge et blanc accapare toute l’eau potable de la région. Cette «cocacolonisation» s’étend même aux rites religieux des indigènes.

On découvre finalement que c’est toute une histoire (pas toujours rassurante) qui se cache derrière les quelques ingrédients inscrits sur les célèbres bouteilles de la boisson noire et pétillante.

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