À voir le mercredi 18 décembre - La chanson célébrée par la petite fenêtre

Sur place, début novembre dernier à la Cinquième salle de la PdA, c’était meilleur. Et encore, ç’aurait été meilleur sur place s’il n’y avait pas eu la télé pour se mêler d’en faire de la télé: à vrai dire, c’était surtout bien pendant le cocktail des retrouvailles, avant le spectacle. Quand on aime, on a toujours vingt ans, la soirée de gala anniversaire de la Société pour l’avancement de la chanson d’expression française (la SACEF) et de son concours Ma première Place des Arts, je l’aurais aimée plus François Guy dans le franc-parler, plus ex-Sinners dans l’attitude, plus happening à la manière de son directeur sortant.

Mouffe a fait ce qu’elle a pu à la mise en scène, mais bon,Matv (l’ancien Vox, télé communautaire de Québecor) a fait du Matv: fallait composer avec une animatrice — Marième Ndiaye, correctement pro — qui n’avait pas les deux décennies du concours dans le corps, telle une Louise Forestier, qui a longtemps été la fière meneuse de claque des finales du concours (le seul qui distingue encore nettement interprètes et auteurs-compositeurs-interprètes). D’où l’absence de vraie ferveur dans les présentations, d’où l’impression de queue leu leu des anciens lauréats et finalistes, se succédant sans vraiment pouvoir évoquer leur expérience, leur année, leur finale. Dommage.

Mais ne nous plaignons pas trop fort: le concours n’existerait sans doute plus sans la petite fenêtre télévisuelle qui s’ouvre chaque saison, diffusant même les soirées préliminaires. Et réjouissons-nous de ce qui, de cette soirée gênée aux entournures, se rendra dans les chaumières: un Nicola Ciccone reprenant L’opéra du mendiant, la chanson qu’il proposa en démo a cappella enregistrée dans sa cuisine; un Alexandre Désilets aussi bouleversant qu’à sa finale (qu’il ne gagna pas!) dans J’échoue; une Sophie Beaudet, un Yann Perreau, une Catherine Major, une bonne quinzaine d’anciens participants, mais aussi les fournisseurs de l’annuelle «chanson à chanter».

On n’aura pas oublié, merci à Catherine Pinard, l’hymne créé par le regretté Sylvain Lelièvre pour Ma première Place des Arts: Le plus beau métier.

Ce métier qui a besoin de la télé pour vivre, mais qui vit souvent mieux sans.

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