À voir le lundi 9 décembre - La famille royale du country

Têtue, tenace, efficace, intraitable, admirable. Depuis plus de 20 ans qu’elle déterre la matière de documentaires populaires, se farcissant le plus souvent la recherche, la scénarisation et la réalisation (en plus d’écrire des livres essentiels, notamment son Montréal show chaud de 2008, véritable chronique de la contre-culture), Carmel Dumas se bat. Et gagne; ôtez-vous de son chemin. Mais de tous ses combats, aucun ne la mobilise plus que sa mission country.

Après Quand la chanson dit bonjour au country, opération respect pour les pionniers en 1990, après Au coeur du country, tour très complet de la contrée (2011), la voilà chez les Daraîche. Une heure dans le Winnebago royal, rien de moins. Une heure vibrante, pleine de musique jouée tout autant dans la cuisine que devant une foule immense de festival country à Paspébiac.

Une heure truculente: personne n’a l’anecdote aussi vive que Paul Daraîche («40 cennes chaque de plus à chaque rappel», évocation des débuts). Une heure extrêmement documentée. Carmel Dumas a publié une véritable biographie (La famille Daraîche. Une page du country au Québec) en amont du documentaire.

Tout est là. Julie Daraîche, «waitress chantante» au Rocher percé de la rue Rachel, Paul yéyé avec le groupe Les Loups blancs (bémol: on aurait pu se passer des scènes reconstituées...), Julie couronnée reine avec les frères Duguay (incroyable popularité: on n’a pas idée). Et puis, peu à peu, la famille qui devient la «famille Daraîche», Paul homme-orchestre de la compagnie de disques Bonanza, le Félix au premier gala de l’ADISQ, la migration d’un club gaspésien à l’autre, l’arrivée de Dani, puis de Katia Daraîche.

Tout ça est conté sans qu’il y paraisse, narration doucement dite par l’ami Patrick Norman, tellement tout baigne dans l’ambiance Daraîche, bon enfant, authentique à l’os: ça rit beaucoup, ça pleure un peu, mais surtout, ça chante constamment: spectacle retrouvailles au Petit Medley (voyez le trio Paul Daraîche-Stephen Faulkner-Joey Tardif), jams en coulisse et jusque sous les tipis. Extraordinaire vie de nos grands rois nomades, sans chichi, sans fausse modestie non plus. Foi de Carmel.

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