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Il y aurait 10 millions d’espèces sur notre planète. Aucune ne peut survivre seule. La symbiose plus ou moins étendue demeure la norme de la biodiversité.
Photo: Explora Il y aurait 10 millions d’espèces sur notre planète. Aucune ne peut survivre seule. La symbiose plus ou moins étendue demeure la norme de la biodiversité.

Il y aurait 10 millions d’espèces sur notre planète. Aucune ne peut survivre seule. La symbiose plus ou moins étendue demeure la norme de la biodiversité époustouflante de notre monde. Cette série raconte et montre ce que l’on sait de ces «complicités sauvages» qui expliquent en partie la foisonnante diversité de la vie sur la Terre.

Le premier épisode sur les forêts tropicales diffusé cette semaine multiplie les exemples. L’aventure commence au Panama. Ce petit pays traversé par un canal interocéanique abrite à lui seul 59 espèces du colibri, seul oiseau capable de voler à reculons.

Ses petites pattes ne lui permettent pas de marcher. Le volatile doit donc voler, toujours, incessamment. Et pour voler, il doit se nourrir toutes les dix minutes. Heureusement, dans les forêts tropicales, les plantes constituent une source inépuisable d’énergie.

Dans la même forêt équatoriale, des fourmis agricultrices découpent les végétaux, en nourrissent des champignons qui les nourrissent elles-mêmes. Le pillage incessant des fourmis coupe-feuilles détruit 20 % de la verdure de leur environnement. Les sauterelles ou les escargots en prélèvent aussi un gros lot. Alors, les végétaux doivent se défendre avec des crochets, des épines et même des armes chimiques; du poison, quoi.

Le paresseux réussit à absorber les plus toxiques, l’équivalent du poids d’un oeuf, avec l’aide de bactéries présentes dans les différentes poches de son système digestif. Ce faible apport énergétique explique la lenteur de la bête. De même, un type de chenille peut absorber le cyanure d’une passiflore et tire un grand avantage à être la seule bestiole capable de s’alimenter à cette source.

Les plantes elles-mêmes savent exploiter les animaux, par exemple pour disséminer leurs graines. Les éléphants pygmées et les orangs-outans de l’île de Bornéo les répandent sur tout le territoire en même temps que leurs excréments.

L’herbe et le lion

Le deuxième épisode s’attarde aux grandes prairies qui forment le quart de la planète. Là encore, le documentaire expose de fascinants exemples d’interdépendance. Dans la savane africaine, la démonstration s’attarde à l’azote, nutriment essentiel de la vie, particulièrement rare dans les prairies. Le combat pour le contrôler implique toute la chaîne alimentaire, des grands et puissants animaux comme le lion jusqu’au fragile brin d’herbe.

La plante capte un peu d’azote profondément enfoui dans le sol. Les herbivores l’absorbent en même temps que l’herbe, mais en ruminant l’herbe pour la digérer deux fois et, pour ainsi dire, la tordre jusqu’à la dernière goutte. Le gnou rumine. Puis le lion mange le gnou et bénéficie à son tour de la précieuse substance.

Les prairies brésiliennes donnent un cas encore plus fascinant. Ici, le loup à crinière, prédateur solitaire, chasse les souris et d’autres petites proies dans les hautes herbes. Pour trouver son azote, ce carnivore complète son menu avec des fruits. Mieux encore: il les cultive! Enfin, il en favorise la croissance en laissant ses excréments chargés de graines sur des nids de fourmis qui les plantent et protègent les pousses qui donnent finalement de nouveaux fruits.

Les deux derniers épisodes tirent des leçons de complexités et de symbioses des forêts du Nord et des grands marécages. Les démonstrations se multiplient, toujours avec le même bonheur. En plus, les images sont magnifiques. L’escalade du paresseux à trois doigts sur fond de musique techno vaut à elle seule le déplacement devant l’écran.

Surtout, ce portrait général finit par exposer l’immense complexité de la vie enchevêtrée. On comprend au bout du compte que les 10 millions d’espèces de cette petite boule perdue dans l’univers existent et persistent parce qu’elles s’appuient les unes sur les autres à partir de liens improbables et de comportements extravagants.

Ces conclusions s’appuient sur les plus récentes découvertes des sciences biologiques et écologiques. Le documentaire démontre ainsi que la télé sait parfois faire preuve d’une excellente capacité de vulgarisation tout en fournissant de l’excellente matière à divertissement. Franchement, que peut-on demander de plus?

Complicités sauvages
Explora, du lundi 9 décembre au jeudi 12 décembre à 18h.
En rediffusion le lendemain de chaque épisode à minuit, à 9h et à 13h et dimanche 15 décembre en rafale dès 7h

À voir en vidéo