À voir le jeudi 14 novembre - Les questions de l’été 2012

Après Carré rouge sur fond noir, voici qu’un autre documentaire, La croisée des chemins de Francine Pelletier, donne la vedette à Gabriel Nadeau-Dubois, ainsi qu’à Jean-François Lisée, deux fils de Thetford Mines, chacun engagé à sa manière.

 

La caméra suit les deux hommes au cours de l’été 2012 et six mois plus tard. GND fait sa tournée à travers le Québec pour parler des enjeux et des idéaux de la CLASSE. Jean-François Lisée passe du rôle d’éminence grise à celui de candidat péquiste. Tout bouge.

 

«Au départ, je voulais faire un film sur Harper, en me demandant aussi: où va le nationalisme québécois après la chute du Bloc? explique la cinéaste Francine Pelletier. D’ailleurs, Gilles Duceppe est très présent dans ce documentaire. Puis, la crise étudiante est arrivée. Je cherchais vraiment à comprendre où allait le Québec, mais avoir su que la Charte des valeurs s’en venait, j’aurais changé d’angle...»

 

Comment prévoir tout ça? La chroniqueuse, écrivaine et documentariste interroge sa société depuis longtemps. Déjà, dans son documentaire Monsieur en 2003 sur Jacques Parizeau et dans L’apprentissage de Mordecai Richler en 2010, elle avait donné la parole à son ami Jean-François Lisée.

 

Cette fois, sous le fracas des casseroles entrechoquées, elle a cherché à découvrir sur quoi allait déboucher le printemps érable. «Je voyais des jeunes par milliers revenir aux idéaux de la Révolution tranquille. On entendait parler de souveraineté, sur fond de social-démocratie. Les jeunes ramenaient ces questions sur le tapis.»

 

«Le film pose de grandes questions, mais ne donne pas les réponses. Car tout a été chambardé ensuite avec la Charte. La souveraineté et la social-démocratie ne se croisent pas tant que ça, au bout du compte. Les temps ont changé et le Parti québécois fait un virage du côté du nationalisme de droite. Jean-François Lisée représente ce parti, bien sûr. Mais c’est le printemps érable qui a conduit à ces élections hâtives. Le PQ se disait alors proche des étudiants. Ces mêmes étudiants qui ne sont pas descendus dans la rue pour se prononcer sur la Charte, même si ce n’est pas si simple pour eux de s’organi-ser en ce sens. Et le nationalisme n’est pas leur premier enjeu. Face aux nouveaux débats, mon film est en porte-à-faux. Mais on voit un politicien en train de devenir un politicien, tandis qu’on est estomaqués par la vague rouge.»

 

En fin de compte, toutes les données sont sur la table dans La croisée des chemins. Et chacun les décode à la lumière d’un futur qui a pris le mors aux dents.

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