À voir le dimanche 10 novembre - L’oreille tendue

Ils sont quatre autistes. Entre eux et le monde, les barrières sont multiples, rigides, complexes. Dans la caméra du documentaliste Yves Langlois, ils s’embarquent pourtant pour une grande odyssée qui les mènera du Québec jusqu’à Paris et Orléans avec, pour seul passeport, la musique qui les lie.

 

Le Québec s’est déjà entiché de la fraîche et pétillante Gabrielle de Louise Archambault.

 

Il pourrait aussi craquer pour le petit Thomas, l’autiste au tambour d’Yves Langlois. Touchant de candeur, le garçon de 10 ans met un visage attachant sur un trouble qui trop souvent effraie et isole.

 

C’est là d’ailleurs la principale qualité de ce documentaire à la narration scolaire, qui n’a, avouons-le, ni la grâce ni l’inspiration du film de Louise Archambault. Malgré une structure pesante et une mise en contexte inutilement étayée, L’autiste au tambour, présenté en sélection officielle au Festival du cinéma international d’Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda, déploie néanmoins de vrais charmes.

 

Sous la protection de Mohamed Ghoul, le quatuor ouvre une fenêtre inédite sur l’autisme et son apprivoisement à travers l’art, ici moins thérapie que vraie main tendue. «La musique peut aider les autistes à bien se sentir en communiquant mieux avec le monde», explique M. Ghoul.

 

Rassembler le corps et l’esprit. Faire connaître le potentiel de communication que les autistes portent en eux, c’est aussi l’approche choisie par les Chapiteaux turbulents! qui accueillent les quatre musiciens autistes à Paris. En les voyant s’ouvrir comme des fleurs au contact de la scène française, on ne peut s’empêcher d’opiner.

 

Se frotter au monde est pourtant loin d’être une évidence pour les personnes qui souffrent d’un trouble envahissant du développement, rappelle la maman de Thomas. D’autant que les occasions sont rares et la réception, encore difficile. Il faut pourtant travailler à les multiplier, insiste-t-elle, car «si les contacts sociaux sont difficiles» pour les autistes, «les exclure est encore bien pire».

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