À voir le samedi 2 novembre - L’autre homme blessé

Homme de théâtre important, metteur en scène d’opéra, comédien à ses heures, Patrice Chéreau fut surtout connu hors de la France comme cinéaste. Dans l’esprit de plusieurs cinéphiles, il restera pour toujours le réalisateur de La reine Margot, fresque historique où fusent hémoglobine et passions exacerbées. Ce dernier point, d’ailleurs, lie entre elles plusieurs des oeuvres de Chéreau, qu’il s’agisse de L’homme blessé, l’une des premières, ou de Persécution, son chant du cygne, sorti un peu moins de quatre ans avant sa mort prématurée à l’âge de 68 ans. Loin d’être son meilleur long métrage, Persécution n’en constitue pas moins un film stimulant à maints égards.

 

L’intrigue est racontée du point de vue de Daniel (Romain Duris), un type franchement antipathique, la trentaine, qui gagne sa vie en rénovant des appartements. Morose et chicanier, il entretient une relation malsaine avec Sonia (Charlotte Gainsbourg), une jeune femme qui pense d’abord à sa carrière et ensuite à son amant. Le fait qu’elle voyage pèse à Daniel, qui est du type fusionnel tendance mono-maniaque. Bref, entre deux baises, ils s’engueulent beaucoup.

 

Puis voilà qu’apparaît (c’est vraiment le mot juste) un étranger un peu plus âgé (Jean-Hugues Anglade, autrefois L’homme blessé amoureux d’un homme mûr) qui déclare son amour à Daniel et le poursuit de ses avances. Excédé, le second rejette le premier, mais rien n’y fait. Or, à ce stade, on peut légitimement se demander si ce mystérieux inconnu existe bel et bien ou s’il ne s’agit pas plutôt d’une projection mentale de Daniel qui manifeste plus d’un symptôme d’instabilité.

 

Au final, on a affaire à un exercice réflexif maîtrisé et fort bien interprété, à la fois distant et à fleur de peau, encore là à l’instar d’autres films de Chéreau, comme Intimité.

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