À voir le samedi 12 octobre - Le soleil Piaf

Derrière le monument Piaf, il y a la môme mutine et espiègle, qui ensoleille le beau documentaire de Valérie Exposito. Loin de la noirceur tragique qui colle à la peau de la chanteuse, ce Piaf intime donne à découvrir une Édith solaire, tour à tour à guillerette, joueuse et insatiable.

Le documentaire, qui sort au lendemain des 50 ans de la mort de la chanteuse, tire une large part de son âme des extraits vidéo tirés de la boîte à souvenirs de l’accordéoniste Marc Bonel. Des débuts jusqu’à la fin, le fidèle compagnon aura posé sa caméra sur le quotidien de la chanteuse et de sa suite avec une candeur qui transcende le temps.

La chanteuse y apparaît libérée des regards extérieurs, dans la nudité d’un quotidien marqué par sa relation fusionnelle avec une suite moins esclave que complice. On la voit jouer du coude, sautiller, se défiler avec un petit sourire en coin, moqueur. Et ce rire trop fort. Irrésistible. «Édith aimait rire. On ne faisait que ça, plaisanter. C’est ça, la vérité de Piaf; c’est qu’elle a vécu son enfance toute sa vie», raconte son jeune complice d’alors, Charles Aznavour.

Édith n’était ni la noirceur, ni les larmes, ni la tragédie, c’était la vie, enchaîne le compositeur Charles Dumont, qui a conquis le cœur de la «patronne» avec sa chanson Non, je ne regrette rien. Sous son perfectionnisme tyrannique, Piaf était portée par un idéal sans mesure, inspirant, poursuit-il. «Édith vous donnait tout. Quand vous entriez dans son cénacle, elle vous donnait la lune.»

Cette Piaf-là, visionnaire, infatigable dénicheuse de talents, amoureuse sans concessions, on la retrouve aussi dans le concert-hommage enregistré dans le cadre des premières FrancoFolies de New York.

Servi comme mise en bouche, Piaf, hymnes à la môme fera entendre Piaf à travers les performances et les confidences d’interprètes aux horizons divers: de Cœur de pirate à Patricia Kaas, en passant par Angélique Kidjo. Un exercice de mémoire autant que de style avec François-Xavier Demaison en maître de cérémonie et Charles Aznavour pour parrain.

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