À voir le vendredi 11 octobre - Après tout, c’est vendredi !

 L’habit ne fait pas le moine. On ne doit pas juger un livre à sa couverture. On ne ramènera donc pas l’émission Après tout, c’est vendredi à son titre un peu facile pour une émission aussi complexe. On pourrait aussi dire que l’apparence évoque du léger ou de la variété (comme Les lundis des haha, Ciel mon mardi ! ou Samedi de rire...) tandis que l’essence fait dans le lourd et l’information.

Le magazine hebdomadaire propose de traiter «de l’actualité porteuse de sens». La publicité annonce aussi «un regard critique/tolérant/emphatique sur les grands enjeux de l’actualité nationale et internationale». La proposition sur papier évoque encore «des solutions possibles à des enjeux avec des invités d’ici et d’ailleurs».

Qui s’en plaindra? Un peu de recul, beaucoup de patience et de la profondeur en prime, n’est-ce pas finalement ce qui manque cruellement à notre monde emporté par l’info clonée et instantanée. Notre univers infobèse gavé de fast news a besoin de substance.

En plus, l’irréprochable Anne-Marie Dussault se retrouve aux commandes de cette nouvelle synthèse. La journaliste-animatrice dirige de grands et de petits plateaux de manière exemplaire depuis longtemps. À vrai dire, Après tout, c’est vendredi! peut faire songer à une version bonifiée de la quotidienne 24 heures en 60 minutes de RDI animée par la même pro depuis des années.

La nouvelle production prend le relais d’Une heure sur terre, victime de ses faibles cotes d’écoute, ou de sa cherté, ou des deux causes combinées. Elle s’insère aussi dans une case horaire nouvellement investie par les télés. Télé-Québec soigne par exemple sa soirée avec Deux hommes en or tandis qu’Artv vient de renouveler la formule de son émission phare C’est juste de la TV. Un observateur éclairé se demandait récemment si le vendredi n’était pas le nouveau dimanche télévisuel.

Cela dit et posé, on ne peut pas juger concrète- ment de la chose qui débute ce soir, en direct. Comme le disent les empiristes: the proof of the pudding is in the eating. C’est l’acte qui compte. Les faits sont éloquents. Et on jugera l’arbre à ses fruits.

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