À voir le samedi 7 septembre - Le mystère Pierce

Au départ, Mildred Pierce est un roman de l’auteur américain James M. Cain paru en 1941. Le drame sociopsychologique campé dans les années de la Grande Dépression raconte la vie d’une mère aux prises avec un mari adultère,une fille détestable et des difficultés économiques.Mildred bataille ferme pour faire vivre sa famille et conserver sa dignité.

L’étrange histoire de cette mère Courage, mêlant des considérations de classe et de troublants éléments psychanalytiques, a été adaptée au cinéma dès 1945 par Michael Curtiz, avec Joan Crawford dans le rôle-titre du film noir. Sa prestation lui a valu un Oscar et a relancé sa carrière. La chaîne spécialisée HBO a financé au début de la décennie cette nouvelle transposition en minisérie de cinq épisodes, avec cette fois Kate Winslet en tête d’affiche. La nouvelle mouture colle encore plus au roman.

La production exemplaire a récolté 21 nominations aux Emmy Awards 2011. Le romancier Stephen King, critique télé à ses heures, a noté la qualité de l’interprétation de Kate Winslet comme de la jeune Evan Rachel Wood, qui incarne Vera, la fille ingrate et snob. Il a aussi souligné l’attention maniaque au détail de la reconstitution historique (tout y est élégant, comme dans Mad Men).

Stephen King a cependant regretté la longueur monotone de la production. Cette dernière remarque semble un peu sévère, une partie du charme de l’adaptation reposant sur l’exploration patiente des rapports entre les personnages. Le thème de l’enfantimpératrice se révèle particulièrement riche, avec une résonance évidente en notre époque hypermatérialiste. Le fait que Vera devienne une artiste accomplie et surdouée amplifie la richesse du portrait, avec cette fois les tensions d’un être fragile et monstrueux déchiré entre le plus noble et le plus vil.

On frise parfois le mélodrame sans y plonger. Le résultat d’ensemble compose un portrait franchement cruel de la cellule familiale et de la société. À l’intérieur, le cercle domestique génère du bien et du mal. À l’extérieur, le reste du monde donne et reprend aussitôt. Dans ce panorama désespérant, la vie oscille comme un pendule de l’effort à l’échec et du bonheur au malheur.

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